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Article changeant 09/03/2013

Article changeant
Article changeant

Juste un peu de changement~
(Et parce que j'adore voir Tegoshi s'exploser les pieds sur demi-pointe pour pouvoir être à la même hauteur que Shige~)

Tags : Nawak

Au commencement, il y avait... 21/08/2011



Bonjour à tous et bienvenue sur mon blog de fictions !
 
Ces fictions seront Yaoi (avec une majuscule parce que... Ben y a pas de raisons mais c'est pas grave) et exclusivement avec des membres de la Jimusho. Donc si vous n'aimez pas le Japon, les artistes japonais ou que vous n'acceptez pas l'homosexualité, je ne vous retiens pas ! Bye, bye~
 
Pour ceux qui sont restés, rapide présentation :
Je suis née l'année de la mort de Kurt Cobain (ce qui vous laisse le temps de calculer et m'évite de venir tout changer régulièrement !), j'ai un amour immodéré pour l'écriture, conjugué à une adoration pour le Japon (très mauvais mélange, je le conçois) et un chien adorable.
J'adore lire, écouter de la musique, me trémousser ridiculement sur mes chansons préférées et regarder des séries pourries à des heures où le reste du monde dort. J'apprécie aussi de manger des sucreries et cuisiner des gâteaux !
Dans la JE, je suis particulièrement fan des NewS, même si j'apprécie d'autres groupes, comme les Kanjani∞ ou les Arashi.

Un grand merci à toutes celles laissant des commentaires, ça me fait toujours méga plaisir ♥ Même si parfois je mets du temps à les valider et à y répondre, je les lis tous !
 

Tags : Présentation

Il était une fois... 21/08/2011



Voici le sommaire, plus ou moins bien rangé~
Bonne lecture !
 
Fictions :
 
EN COURS Petite vengeance et ses conséquences : Présentation / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5 / Chapitre 6 / Chapitre 7 / Chapitre 8 / Chapitre 9 / Epilogue
Rating : PG

TERMINÉE Adopte un papy : Présentation / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5 / Chapitre 6 / Chapitre 7
Rating : NC-18
 
TERMINÉE X'mas Time : Présentation / KAT-TUN / NewS / Hey! Say! JUMP / Tackey&Tsubasa / Arashi / Kanjani / Soirée de Noël / Bonus (par Anno-chan et Etto-chan, merci les cousines !)
Rating : PG
 
Rating : PG

TERMINÉE Cosplay or not cosplay ? : Présentation / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5
Rating : PG






Fictions en collaboration :

ARRÊTEE Boku(tachi) no Face [avec Mamanno-chou] : Présentation / Introduction / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5 / Chapitre 6 / Chapitre 7 / Chapitre 8 / Chapitre 9 / Chapitre 10 / Chapitre 11 / Chapitre 12 / Chapitre 13 / Chapitre 14 / Chapitre 15 / ...
Rating : PG

EN COURS SMS (Sex Miracle Sadistic) [Avec PerverSadiCamamie ♥] : Présentation / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5 / Chapitre 6 / Chapitre 7 / Chapitre 8 / Chapitre 9 / Chapitre 10 / Chapitre 11 / Chapitre 12 / Chapitre 13 / Chapitre 14 / Chapitre 15 / Chapitre 16 / Chapitre 17 / Chapitre 18 / Chapitre 19 / Chapitre 20 / Chapitre 21 / Chapitre 22 / Chapitre 23 / Chapitre 24 / Chapitre 25 / Chapitre 26 / Chapitre 27

TERMINEE Oni-chan (en collaboration avec Mamanno) : Présentation / Chapitre 1 / Chapitre 2 / Chapitre 3 / Chapitre 4 / Chapitre 5 / Chapitre 6 / Chapitre 7 / Chapitre 8 / Chapitre 9 / Chapitre 10 / Chapitre 11 / Chapitre 12 / Chapitre 13 / Chapitre 14 / Épilogue
Rating : PG-13, T

 
OS :
 
Persos originaux :
Fantômes et Esprits (rating PG, hétéro)

Sans couple :
Le Pari (rating : K)

Akanishi/Aiba :
Tanabata (rating : PG)

Akanishi/Kato :
Plus jamais ça ! (lemon, rating :  NC-17)
 
Akanishi/Nishikido :
Ou comment mes parents ont appris que j'étais gay... (rating : R)
 
Ikuta/Masuda :
Pluie d'Orage (lemon, rating :  NC-17)
 
Kamenashi/Akanishi :
Café Maid (lemon, rating :  NC-17)
 
Kamenashi/Nishikido :
Susanoo (m-preg, rating :  NC-17)

Kato/Koyama :
- Pas les draps, Maman ! (lemons, rating :  NC-18)

Kato/Koyama/Ueda :
- (I'm just a) Fanboy (lemon, threesome, rating :  NC-18)

Koyama/Tegoshi :
- Flic et sale gosse (lemon, rating :  NC-18)

Masuda/Nishikido/Tegoshi :
- Todokeru ne ai wo ai wo (rating :  NC-18)

Masuda/Sakurai :
- Doctor Massu & Mister Sakurai : Partie I / Partie II (rating :  NC-18)
 
Masuda/Tegoshi :
- La qualité johnysienne pour vos poils : Partie 1Partie 2 (rating : R)
- Kushami (chapitre alternatif) (lemon, rating :  NC-18)

Member Ai NEWS :
- Photoshoot  (lemon & foursome, rating :  NC-18)
 
Ninomiya/Ikuta :
A travers la mare  (lemon, rating :  NC-17)

Nishikido/Okura :
Une simple panne de voiture, suivie de Le mystère Ryokura (rating :  PG)
 
Nishikido/Uchi :
Littérature et Corps Enlacés (lemon, rating :  NC-17)
 
Nishikido/Ueda :
Pour un Flirt (lemon, rating :  NC-17)
Romance estivale (rating : PG)
 
Ohno/Matsumoto :
Babillages, sous-entendus et déclaration (lime, rating NC-17)

Okura/Ikuta :
Sorezore Egaku Shiawase No Katachi Wa Kasanari (rating : PG)

Sakurai/Aiba :
Espionnage et enfantillages (lemon, rating :  NC-17)

Ueda/Yamashita :
De fraises, de bananes et de fruits de la passion (lemon, rating :  NC-17)
 
Yokoyama/Tegoshi :
- Mnemosys (rating : PG)

Multi-couples :
Onsen droit devant !! (rating : NC-17)
Monopoly et autre cravate léopard (rating : PG)
We wish you a merry christmas (rating : PG)

 
 
Les déboires de Nishikido et Kato
Recueil d'OS
Résumé : Nishikido Ryo, Kato Shigeaki et tout lieu où ils sont susceptibles d'être seuls et... Enfermés !


50 nuances de RyoMass
Recueil d'OS en collaboration avec Camomille
Résumé : les péripéties du couple RyoMass au travers de 50 mots~
 
 








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Fourre-tout à blabla :

Tags : Sommaire

Le Pari 24/08/2011

Parce que la mère de mon amie Tomo a entendu « Pi en bonne s½ur » quand on parlait de son film Ashita no Joe dans lequel il joue un boxeur. Et que ça m'a donné l'idée de faire un Pi en religieuse – donc ceci n'est que du délire pur et simple... Même si je cherche une photo !
~~~
Résumé : Alors que Jin a bu plus que de raison, il entame un défi avec son meilleur ami de toujours, Tomohisa.
Pas de couples, pas de yaoi, juste un brin d'humour !
 
LE PARI
 
Alors qu'il profitait d'un jour de repos durement gagné – après une tournée de trois mois -, Yamashita Tomohisa eut la surprise de découvrir un Akanishi Jin plus joyeux que la normale sur son palier. L'ex KAT-TUN était sensé être aux États-Unis, et il était assez souriant pour que Pi suspecte une prise d'alcool – doutes confirmés par les délicates odeurs de vodka et de saké qui s'échappaient de l'haleine de Jin.
 
YamaPi laissa entrer son ami, qui alla s'affaler sur l'un des fauteuils de son salon, les yeux fixés sur son bar.
 
- T'as assez bu Bakanishi, soupira le leader des NewS en s'asseyant au côté de son ami.
- Pas assez non, lui répondit d'un ton sec Jin.
 
Ce à quoi Tomohisa ne trouva rien de plus constructif à répondre qu'un lèvement du sourcil – gauche. Qui amena un nouveau soupir, de la part de l'exilé américain cette fois.
 
- J'ai... Un peu trop ennuyé Kame.
 
Nouveau lèvement de sourcil pour le NewS. "Un peu ennuyé Kame" devait être un euphémisme étant donné le plaisir que Jin prenait à embêter son leader quand il faisait encore parti de KAT-TUN. Jin rougit, comprenant qu'il était grillé – il n'était déjà pas bon menteur sobre, alors dès qu'il buvait, il devenait plus facile à décrypter qu'un enfant de cinq ans.
 
- Ben... Je l'ai embêté avec ma nouvelle carrière ?
 
Le ton de Bakanishi laissait supposer qu'il était aller beaucoup plus loin que ça, mais qu'il n'était même pas sûr que son ami supporte cette première partie d'explication. Tomohisa lui fit signe de continuer.
 
- Et ensuite, disons que ça a un peu dérapé et que j'ai continué à me vanter. Et Kame... Ben, tu vois, il s'est énervé quoi.
 
Pi voyait très bien. Et pour cause : il voyait Kame quasiment tous les jours à la Jimusho et celui-ci arrivait à lui glisser chaque matin un petit mot désagréable sur le départ d'Akanishi. Pas que Kamenashi n'aime pas Jin, c'est juste qu'il était déçu que son ami ait quitté leur groupe. Alors si Jin était venu se vanter devant lui, le pauvre Kazuya avait dû péter les plombs. Devant la colère de son ex-leader, Jin avait dû mettre les voiles vers le bar le plus proche et joyeusement entamé sa nuit, avant d'échouer chez Pi parce qu'il n'avait plus d'appartement à Tokyo. Oui, Pi voyait très bien la scène.
 
Soupirant devant la bêtise dont pouvait faire preuve son meilleur ami, il se décida à lui servir un verre. Verre qui devient bientôt la bouteille entière, puis plusieurs bouteilles, tandis qu'ils se rappelaient des anecdotes sur leurs débuts dans la Johnny's.
 
Finalement, ils en furent rendus à se lancer des défis plus ridicules les uns que les autres. Après que Jin ait appelé Kame pour se faire pardonner – de loin, le défi le plus sage -, Pi avait dû se lancer dans un strip-tease sur une musique des NewS, avant que l'ex KAT-TUN ne doive envoyer une déclaration d'amour enflammée à Nishikido Ryo – qui serait certainement de mauvaise humeur quand Pi le reverrait, étant donné que lui n'était pas en congés mais en répétition avec les Kanjani∞.
C'est là que tout bascula. Jin, debout sur le canapé et une bouteille de vodka à la main, lança alors LE défi à Pi, allongé sur le tapis et à qui il ne restait que le pantalon. Pour le trouver, il s'était creusé la tête, allant même à laisser des rides apparaître sur son front. Et le sourire qui apparut après cette réflexion fit peur à Pi, qui se releva à demi pour mieux voir son ami.
 
- Tu vas aller travailler habillé en bonne s½ur.
- He ?
- Ouais, avec la robe et la coiffe, et tout et tout ! C'est une super bonne idée, ne ?
 
Sa question n'appelait pas de réponse, et il se mit à faire la danse de la joie sur le pauvre canapé, tout heureux de sa miraculeuse trouvaille. De son côté, Pi se demandait quand il aurait dû mettre Jin à la porte – avant que ne commencent les paris ou carrément dès le début de la soirée, avant qu'ils ne commencent à boire ?
Cela dit, un pari était un pari, et Pi ne voulait pas risquer un gage de la part de Bakanishi, qui avait un don pour trouver les plus dégradants – comme cette fois ou Pi avait dû draguer sa partenaire de Nobuta wo Produce et que Maki, qui venait de rompre avec son copain, l'avait reçu d'une claque magistrale.
Résigné, il se rhabilla et traîna Jin hors de son appartement. Chercher un magasin de déguisements ouvert à deux heures trente du matin, c'était quasiment mission impossible, même à Tokyo, capitale du cosplay. Sauf qu'il y en avait un, l'exception à la règle sans doute.
 
Pénétrant à l'intérieur, ils se retrouvèrent face à un couple de petits vieux et la femme se fit un plaisir de les conduire au rayon où s'entassaient les costumes de bonnes s½urs, leur recommandant de prendre leur temps pour faire leur choix. Pi lui jeta un regard agacé quand elle s'éloigna, laissant un Jin plus que ravi de farfouiller dans les étagères.
 
Suivant son ami pour éviter que celui-ci ne lui dégote un costume vraiment trop ridicule, ils finirent par tomber d'accord sur un habit traditionnel qui comportait une longue robe noire et une jolie coiffe blanche, le tout à la taille du NewS – pour son plus grand malheur, alors qu'il espérait tomber sur des cosplays trop petits pour lui.
Le lendemain, réveillé de bonne heure par un Akanishi survolté, il fut condamné à mettre les habits de religieuse tandis que son ami lui bloquait l'accès à son armoire, où il avait pu juste prendre un boxer.
 
Sur le chemin menant à l'agence, YamaPi eut tout le temps de maudire son ami, énervé par tous ceux qui se retournaient sur son passage. Heureusement, personne ne les reconnaissait. Ce qui n'empêchait pas les regards amusés ou clairement pervers qui se dessinaient sur les visages de ses voisins immédiats dans le métro.
 
Il entra rapidement dans l'agence, évitant à peine le regard de la secrétaire blasée qui les salua d'un morne « Bonjour Yamashita-san, bonjour Akanishi-san », sans doute trop habituée aux extravagances des idoles pour y prêter attention.
 
Tandis que les deux jeunes hommes montaient l'escalier – Pi évitant l'ascenseur bondé en cette heure matinale -, le leader des NewS prenait sur lui pour éviter de tuer son meilleur ami, tellement mort de rire qu'il avait du mal à monter les cinq étages qui menaient à la loge des NewS.
 
YamaPi ouvrit la porte violemment, sous le regard ahuri des quatre NewS présents. Jin le suivit, toujours écroulé de rire, et s'affala dans le fauteuil le plus proche, à côté de Koyama qui était bouche bée. Shige, non loin de son Keii-chan, se frottait les yeux, se demandant si son leader venait vraiment de pénétrer dans leur loge habillé en bonne s½ur. Se rendant compte qu'il n'hallucinait pas, il ouvrit de grands yeux étonnés. Masuda, lui, observait Pi en souriant, un Tegoshi plié en deux à ses côtés.
 
Pi lança un regard noir à Jin, puis à ses troupes, avant d'aller se changer dans les affaires qu'il gardait au cas où dans son casier de l'agence. Il lança ensuite le cosplay à Jin, lui demandant d'aller le ramener et d'aller se faire pardonner par les KAT-TUN avant de mettre ses quatre lieutenants en position pour répéter la chorégraphie. Et comme leur leader était dans une rage noire, ils lui obéirent avec empressement, même si Tegoshi lâcha à regret qu'il était dommage que personne n'ait pensé à prendre une photo avant que Pi ne se déshabille. Le leader crut même entendre Shige – le sage et toujours gentil Shigeaki – lui répondre que c'était surtout dommage que Ryo, qui répétait avec les Kanjani∞, n'ait pas pu voir son ami en cosplay de religieuse.
 

Tags : OS - Le Pari

OS Concours - Une simple panne de voiture 01/09/2011

 
Contraintes obligatoires :
- Écrire sur le thème de la mer puisque c'est le thème, le reste est totalement libre.
 
Contraintes non obligatoires :
- Faire apparaître .... Un chien. Ne me demandez pas pourquoi un chien, quand j'ai pensé à la plage, j'ai tout de suite pensé à mon chien :s
- "une panne de voiture"
- un coucher de soleil
- la phrase : "un rêve reste un rêve, si tu ne cherches pas à le réaliser"
- couple Ryo/Okura
~~~
Résumé : Alors que Ryo profite de quelques jours de repos pour se ressourcer sur une plage du Kansai, voilà qu'Okura débarque sur ordre de leur leader.
 
UNE SIMPLE PANNE DE VOITURE
 
En pleine tournée des Kanjani∞ à travers le Kansai, Nishikido Ryo avait profité de leurs quelques jours de congés à Otsu pour s'échapper voir la mer. Rien ne l'avait jamais plus reposé que d'observer le mouvement interminable, le flux et reflux obsédant de la mer, un rythme immuable et éternel. Dormir de tout son soûl n'était rien à côté du paysage relaxant qu'il avait là.
 
Savourant la caresse du sable sous ses pieds nus, il s'approcha doucement de la mer mugissante, allant jusqu'à se tremper jusqu'aux chevilles dans l'eau glacée. Derrière lui, il entendait le crissement que les pattes de Sakura, sa chienne, faisaient sur le sol meuble de la plage. Sakura détestait l'eau, et quand son maître sortait sur la plage, elle faisait bien attention à ne pas s'en approcher, restant gentiment à la limite du sable mouillé.
 
Alors que Ryo se perdait dans la contemplation du coucher de soleil, il entendit Sakura courir sur le sable, ses pattes grattant le sol, et il se retourna pour voir son adorable animal de compagnie faire la fête à l'un des Kanja.
 
Se relevant d'un bond, laissant les premiers nuages rosis par le soleil disparaître à l'horizon, il se dirigea vers Okura Tadayoshi, qui s'était arrêté pour caresser Sakura.
 
- Si tu commences à jouer avec elle, tu ne t'en sortiras pas.
 
Okura releva la tête vers lui, souriant. Déçu d'être oublié, l'animal se mit à japper, avant qu'un bref ordre de son maître ne le fasse taire. Ryo retourna alors son attention vers son collègue.
 
- Tu visites ?
- Suba m'a demandé de venir te chercher. Mais j'ai bien peur de ne pas pouvoir te ramener, ma voiture vient de tomber en panne.
 
L'air gêné de Tacchon fit rire Ryo, qui profita de l'incident automobile pour se rasseoir face au soleil. Alors que son collègue s'installait à côté de lui, Ryo le détailla du coin de l'½il. Un peu plus grand que lui, son cadet était mignon et toujours aussi timide, sept ans après leurs débuts au sein du groupe.
 
- Que voulait Subaru ? C'est rare qu'il rappelle les troupes pendant les congés.
- Il n'a pas expliqué. Apparemment, il attendait qu'on soit tous là pour expliquer.
 
Tout à fait typique de Shibutani, ça. Ryo soupira doucement, se concentrant sur le soleil, qui projetait maintenant des éclats roses et orangées sur la mer. Il pensa alors à Shigeaki, qui serait sûrement ravi de photographier avec cette lumière-là.
 
Sakura profita de sa rêverie pour installer son corps chaud entre lui et Okura, et leurs mains se rencontrèrent soudain alors qu'ils caressaient tous les deux le pelage du joyeux petit chien. Ils rougirent, mais continuèrent, nouant doucement leurs mains.
 
- Quand j'étais petit, reprit Okura, je voulais vivre tout le temps au bord de la mer. Je rêvais d'y passer toute ma vie. Je voulais même être pécheur à l'époque.
 
Ryo retient un rire en imaginant son compère en salopette, bottes de caoutchouc et ciré jaune, comme la plupart des pêcheurs qu'il voyait sur les ports japonais. Vraiment, ça ne lui irait pas. Tacchon semblait avoir suivi le cours de ses pensées, parce que lui aussi riait.
 
- Mais bon, ce ne sont restés que des rêves.
- Un rêve reste un rêve, si tu ne cherches pas à le réaliser.
 
Okura rit en entendant la phrase, réaction qui apparaissait toujours chez les Kanjani∞ quand Ryo sortait une phrase un tant soit peu philosophique.
 
- Et toi, tu les as réalisés, tes rêves ?
 
Vu leur conversation, la question d'Okura n'était pas si étonnante, mais Ryo n'arrivait tout simplement pas à lui répondre. S'allongeant dans le sable, il ferma les yeux pour tenter de se concentrer. Mais il sentait toujours l'étreinte chaude de la main de Tacchon, et il entendait son souffle régulier tandis qu'il observait les rares passants présents sur la plage.
 
Nishikido avait eu plusieurs rêves. Enfant, il voulait être pompier, sauver des vies et vaincre le feu. Entré dans la Johnny's, il rêvait de percer dans la chanson et le cinéma. Mais à présent... Il souhaitait simplement être heureux avec l'homme qu'il aimait. A ceci près qu'il le savait hétérosexuel et que l'homosexualité était un tabou au Japon.
 
Bien sûr, ce cher Yamashita avait réussi à le découvrir, et l'encourageait même à se déclarer, mais Ryo était trop timide et trop peu sûr de la réaction de l'autre homme pour suivre ces conseils. Mais Pi avait toujours été comme ça, spontané et impulsif.
 
Mais là, allongé sur la plage, son problème n'était pas d'être homosexuel, ni même que Okura lui ait demandé quels étaient ses rêves – ce à quoi il pourrait répondre n'importe quel mensonge. Non, son problème était que c'était avec Okura qu'il voulait vivre.
 
Il tourna ses yeux mi-clos vers son compagnon des Kanjani∞, l'observant à travers la barrière de ses cils. Okura était tourné vers la mer, et les reflets rouges du soleil se réverbéraient dans ses yeux sombres. Ses cheveux noirs, qui lui arrivaient aux épaules, chahutaient joyeusement sous la petite brise, frôlant son visage en douces caresses. Il était beau à en mourir, dans ce soleil couchant.
 
Ryo soupira et se releva, entraînant un mouvement de la part de Sakura. La petite chienne avait beau être épuisante et désobéissante, elle ne s'éloignait jamais trop de son maître. Alors qu'il allait répondre une réponse bateau à Tadayoshi, il remarqua que celui-ci s'était levé à son tour, et que leurs visages se trouvaient dangereusement prêts.
 
Nishikido cligna des yeux par réflexe, mais la distance entre eux se trouvait inchangée. Il fixa alors son regard dans celui du Eito Vert, dans lequel il aperçut la lueur amusée qu'affichait toujours le jeune homme ainsi qu'un éclair qu'il ne sut comment déchiffrer.
 
Puis il sentit des lèvres douces contre les siennes, des mains chaudes qui se posaient sur ses hanches. Tacchon le regardait, ses jolis yeux bruns emplis d'un doute immense qui assombrissait son beau visage. Ryo ferma alors ses yeux et sa langue vint titiller la lèvre inférieure de son homologue.
 
A ce furtif contact, les mains posées sur ses hanches se firent plus possessives, quittant sa taille pour gagner son dos, glissant sous son t-shirt. Il frissonna légèrement, faisant sourire Okura, avant de poser l'une de ses mains sur le cou de son vis-à-vis et d'entraîner l'autre dans une des poches arrières du jean du jeune homme.
 
A bout de souffle, ils finirent par se séparer, et Nishikido identifia enfin l'éclair qu'il avait entraperçu plus tôt. De la tendresse, tout simplement.
 
- J'ai quelque chose à t'avouer.
 
Ryo se fendit d'un haussement de sourcil inquisiteur en voyant la bouille nerveuse de Tacchon. Qui en était même à se mordre les lèvres et à laisser ses yeux s'attarder sur tout et n'importe quoi sauf le Eito Jaune.
 
- Murakami a réussi à me faire avouer que je craquais sur toi, et il en a tout de suite parlé à Baru, tu le connais.
 
Jusqu'ici, Ryo ne voyait pas quel était le problème. Shingo et Subaru avaient toujours été proches, et qu'ils partagent des informations aussi sensibles n'étaient donc pas étonnant. Bien qu'ils soient de véritables commères, ce qui impliquait un interrogatoire plus musclé que celui d'un commissaire de police à leur retour à Osaka.
 
- Et ils sont allés parler à Yamashita. Parce que c'est ton meilleur ami, tu comprends. Voyant que Ryo ne s'énervait pas même s'il serrait les poings, il reprit : De ce que j'ai saisi, ils ont pas mal insisté, et YamaPi a fini par leur avouer que toi aussi tu m'aimais, même s'il a dû leur faire promettre de rien te dire.
- Il m'a trahi ?
 
La voix de Ryo était pleine de colère, et Tacchon frémit, s'éloignant instinctivement d'un pas.
 
- Tu sais aussi bien que moi à quel point Suba et Shingo peuvent te harceler quand ils veulent une information qu'ils savent en ta possession. D'ailleurs, c'est lui qui m'a raconté tout ça. Il voulait que tu aies toutes les cartes en mains avant de revoir qui que ce soit.
 
Nishikido reconnaissait bien là son meilleur ami, toujours attentif et conciliant. Et il connaissait très bien l'ouragan Shingaru pour savoir qu'ils avaient forcé la parole de Tomo. Il soupira.
 
- Donc ta voiture n'est pas en panne et rester ici plus que de raison leur donnerait d'excellentes occasions de nous charrier ?
 
Un hochement de tête quasiment imperceptible lui répondit, et il sourit. Se penchant vers le jeune homme, il lui murmura son plan à l'oreille. Il avait beau être ravi d'être avec Tacchon, il n'appréciait pas tellement qu'on force ses secrets sans le lui demander. Et il savait que Pi, suivant son raisonnement, avait donné à Okura les clés pour que Ryo sache exactement qui avait fait quoi.
 
Écoutant attentivement l'énoncé du plan, Tadayoshi rit, et accepta avec joie de participer. Un baiser lui fut donner en récompense, et ils s'y perdirent tous les deux, alors que Sakura aboyait contre les vagues comme pour leur ordonner de se retirer.
 
 
 
Notes : J'ai imaginé Sakura en pensant à mon chien et le nom lui a été donné parce que "Sakura Girl" passait en même temps à la radio.
Et les villes citées se trouvent toutes dans le Kansai (l'information inutile qui vous aurait absolument manquée, ne ?)

Tags : OS Concours - Umi no Hi - Une simple panne de voiture

Le mystère Ryokura 16/04/2012

Voilà la suite tant attendue (et que tout le monde m'a demandé) de Une simple panne de voiture !
Après... *compte sur ses doigts* Sept mois et demi, je l'ai enfin écrite... J'ai vaincu ma flemmardise pour vous quand même xD
Le tout smileysé par ma charmante Anno, qui adore ça ! Merci Bellanno~
 
~~~
Résumé : Le plan machiavélique d'un Nishikido qui n'aime pas se faire avoir, surtout par ses meilleurs amis !
 



LE MYSTÈRE RYOKURA
 
Comme chaque lundi, Murakami Shingo et Shibutani Subaru étaient installés dans l'un des fauteuils confortables peuplant la loge des Kanjani∞, se remémorant leur week-end agité. Assis aux pieds de Shingo, Yasuda Shota tentait tant bien que mal de garder les yeux ouverts, trop fatigué pour faire quoique ce soit d'autre.
 
Un peu plus loin, Yokoyama Yuu révisait leurs chansons, son iPod vissé sur les oreilles, totalement impassible à ce qu'il se passait autour de lui. Adossé contre lui, Maruyama Ryuhei discutait par texto avec ses amis, prenant de temps à autre part à la conversation de Shingo et de Subaru.
 
La relative tranquillité de la pièce fut brisée par un Nishikido Ryo plus qu'énervé. L'Eito jaune traversa rapidement la loge pour se dégoter un tabouret éloigné de tous ses camarades, puis il sortit un gros livre au titre rébarbatif, ne lançant pas un seul bonjour aux Kanja déjà présents.
 
Yuu, tiré de ses révisions, regardait Ryo avec stupeur, s'appuyant un peu plus contre Maru, qui en avait laissé tomber son portable. Yassu, soudainement bien réveillé, tournait la tête vers ses cinq camarades présents, cherchant à comprendre ce qui avait pu se passer. Au dessus de lui, Murakami et Shibutani discutaient par ½illades, cherchant à savoir ce que l'autre pouvait comprendre du comportement renfermé de Dokkun – le tout sans dire un mot, sachant que leurs paroles pourraient vexer le susceptible Sexy-Osaka-man.
 
Comment Nishikido avait pu passer de joyeux et amoureux à infâme et froid en moins de quelques heures ? La question semblait flotter dans l'air, interpellant les occupants de la pièce.
 
La porte se rouvrit alors, laissant passer un Okura Tadayoshi de relativement bonne humeur par rapport à son petit ami. Il salua bruyamment tout le monde, s'excusant de son retard, puis il s'assit à côté de Yassu, attendant que le signal de commencement de la journée soit émis.
 
Alors que Yuu, Shingo, Suba, Maru et Yassu se regardaient sans comprendre, leur manager rentra dans la pièce, ravi de voir ses petits protégés présents aussi tôt – généralement, ils arrivaient rarement avant neuf le lundi matin, et pourtant, il n'était que 7h13 à sa montre. Un petit pas pour les Kanjani∞, un grand pas pour la Johnny's, pensa-t-il.
 
Il se dépêcha de prendre place à la seule table présente dans la loge et sortit emplois du temps et listes de tout ce qu'il avait à dire. Il sursauta en voyant que Tacchon et Nishikido ne s'étaient pas installés côte à côte alors qu'ils ne se séparaient plus depuis des semaines – sans qu'il ne comprenne pourquoi.
 
Rassemblant ses pensées, il ne vit pas ses petits protégés sortirent leurs portables et s'envoyer des messages, l'outil électronique sur leurs genoux, plus ou moins bien caché selon le Jojo en question.
 
8<------------------------------------------------------------------
 
De : Shibutani Subaru
A : Yokoyama Yuu, Murakami Shingo, Maruyama Ryuhei & Yasuda Shota
Heure : 7h18
Objet : Dispute en perspective ? é_è
Oy les mecs !
L'un d'entre vous sait ce qu'il s'est passé entre nos amoureux préférés ? oõ J'avais plus vu Ryo autant en colère contre le monde entier depuis des semaines ! >o< Et on n'a pas vu un seul baiser entre lui et Tacchon depuis qu'ils sont tous les deux dans la même pièce ! o_o Qu'est-ce qu'il se passe ? ><'
 
De : Yokoyama Yuu
A : Baru, Shingo, Maru & Yassu
Heure : 7h19
Objet : Re:Dispute en perspective ? é_è
Je les ai encore vu samedi soir sortir de l'agence, enlacés. Tout allait pour le mieux ! Quelqu'un les a vu ce week-end ? .__.
 
De : Yasuperstar
A : Yuu, Murakami, Shibutani, Ryu
Heure : 7h21
Objet : Re:Dispute en perspective ? é_è
Pas vu depuis samedi soir. Mais j'ai entendu Ryo dire qu'ils avaient une soirée avec les NewS. Qui a le mail d'un des membres de son deuxième groupe ?? :o
 
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Subaru répondit à Yasuda d'un léger signe de tête, puis plongea de nouveau vers son portable tandis que ses quatre camarades conspirateurs faisaient semblant d'écouter le manager perdu dans l'explication d'un emploi du temps incompréhensible.
 
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De : Shibutani Subaru
A : Yamashita Tomohisa
Heure : 7h24
Objet : SOS >O<
Hello YamaPi ! :)
Dis, votre soirée de samedi avec Ryo et Tacchon, elle s'est bien passée ? Parce que ce matin, on les a vu arriver séparément et s'ignorer. >_< Et en plus, Ryo est énervé, et on sait pas contre qui. ._.
 
De : Yamashita Tomohisa
A : Baru
Heure : 7h30
Objet : Dispute ? o_o
Samedi, tout allait bien. Ils sont partis ensemble et ils avaient l'air super content. Je vois pas ce qu'il s'est passé.
 
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YamaPi referma son portable et regarda les NewS qui l'entouraient. Massu mangeait une énième brioche, tandis que Shige buvait son café en consultant un livre de droit. Tegoshi, affalé sur un canapé, écoutait distraitement Keii, qui dissertait sur un jeu vidéo qui venait de sortir.

« La première phase du plan est enclenchée ! »
 
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De : Shibutani Subaru
A : Yokoyama Yuu, Murakami Shingo, Maruyama Ryuhei & Yasuda Shota
Heure : 7h31
Objet : Mail de Pi
Selon le leader, il ne s'est rien passé et tout va bien. Il ne comprend pas plus que nous. é_è Des propositions ?
 
De : Shingo
A : Baru, Yuu, Ryu & Shota
Heure : 7h33
Objet : ...
Ryo et Tacchon nous regardent bizarrement, va falloir qu'on arrête. u_u Je propose que vous 3 parliez à Tacchon et Ryu et moi, on se charge de Ryo ! Rendez-vous où l'on peut. ^^'
Shingo
 
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Aussitôt que le mail de Shingo fut reçu par ses quatres compères, les cinq se réintéressèrent à la liste des consignes donnée par Johnny-sama pour leur prochain photoshoot – des combinaisons de ski alors que le mois de juillet allait commencer...

Dès que le manager fut reparti, Ryo repartit vers son tabouret, sortant son portable de sa poche. A l'autre bout de la pièce, Yasuda et Okura parlaient mode, comparant avec délice la nouvelle collection d'une marque dont personne n'avait jamais réussi à retenir le nom. [NDA : Ou comment éviter de chercher une marque de fringues japonaise...]
 
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De : Dokkun
A : Pi-chan
Heure : 8h06
Objet : Plan
Tout se passe bien pour l'instant. ;) Bonne chance pour vos répets ! :D A plus les gars~ ^_^
 
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Son mail envoyé, Ryo se releva pour s'étirer un peu, ne tenant pas la position assise bien longtemps. Il était un chanteur et un danseur, pas un bureaucrate. Lui, il aimait se produire sur scène, pas traînasser sur des sièges inconfortables.

« Je sors m'acheter un café. Quelqu'un veut quelque chose ? »

La proposition du NewS fut accueillie avec enthousiasme par ses collègues, qui trouvèrent tous un petit truc à lui demander – pour l'éloigner d'Okura dans le but de les interroger séparément, mais également pour le simple plaisir de le charger plus que nécessaire.

Ryu se leva, lui emboîtant le pas sous la raison foireuse de l'aider à tout porter – alors que deux cafés et un sachet de pâtisseries n'avaient jamais effrayé l'un d'entre eux. Shingo les suivit quelques secondes plus tard, prétextant que personne ne savait préparer son café parfaitement et qu'il devait surveiller la serveuse de la cafétéria.

« Alors Dokkun, tout va bien en ce moment ? » commença Ryu tout en faisant semblant de consulter ses messages.
« Aussi bien qu'hier et certainement pareil que demain. Y a un problème ? »

Le ton de leur camarade était tout à fait clair, avec un soupçon d'innocence et de naïveté. Signe qu'il voyait très bien où était le problème mais qu'il les laisserait patauger pour en parler.

« Fais pas le con Ryo, le secoua Shingo. Tu pars tout sourire avec Tacchon le vendredi soir, et vous revenez séparément et sans vous parlez le lundi matin. Y a de quoi se poser des questions, tu ne crois pas ? »

Ryo afficha l'air un peu perdu de celui qui ne comprenait pas où voulait en venir son interlocuteur, un air tout à fait de circonstance. Mais ni Maruyama, ni Murakami n'étaient connus pour leur patience, abandonnant volontiers ce rôle à Baru.

« Ryo, sois franc. Qu'est-ce qu'il s'est passé entre Okura et toi ? »

Nishikido sourit intérieurement en constatant que malgré ses prévisions, c'était Shingo, et non Maruyama, qui avait déclenché les hostilités. Lui qui d'habitude fuyait tout ce qui pourrait déraper en dispute...

« On s'est rendu compte que, finalement, on n'était pas fait l'un pour l'autre. C'est tout. »

Petit air un peu triste et mélancolique, yeux un poil trop brillants. Nishikido était un excellent acteur, mais il n'avait jamais su mentir à ses amis. Une fois qu'on le connaissait bien, il était trop facile à décoder. Et Shingo sentait la supercherie. Son ami avait volontaire accentué tous les gestes qui, ordinairement, montraient son mensonge – sa voix avait eu trop de trémolos, les soins de sa bouche s'étaient un peu trop étiré en un sourire de satisfaction et ses mains s'étaient trop souvent serrées.

« Ryo... T'as pas l'air dans ton assiette. Tu veux en parler ? »

Intérieurement, le susnommé était ravi. Son plan marchait mieux qu'il ne le pensait, et Murakami avait marché – voire même couru – dans le piège qu'il leur tendait, bien qu'il semble encore sceptique. Il était ravi d'être meilleur acteur que ce que ses amis pensaient.
 
*
**
 
De son côté, Okura avait mimé l'abattement aussitôt que son supposé ex-petit copain était sorti de la pièce et il s'était brusquement retrouvé cerné par Shibutani, Yassu et Yokoyama. Poussant un peu plus loin, des larmes avaient même coulé sur ses joues, et il s'était retrouvé dans les bras d'un Shota visiblement dépassé par les événements.

Yasuda, tout en frottant le dos de Tacchon, regardait d'ailleurs Yuu et Baru, tout aussi étonnés que lui de la tristesse de leur si enjoué gourmand. Tadayoshi montait rarement ce qu'il ressentait, ne se confiant que très peu, et généralement quand il avait bu. Une telle attitude chez lui montrait à quel point il allait mal.

« Ta-chan, tu sais que tu peux parler de tout avec nous, n'est-ce pas ? » s'enquit Subaru en jouant avec les cheveux de son larmoyant ami.
« Ryo-chan et moi, on s'est disputé. Je vois pas comment on a pu pensé construire nos vies ensemble. On est bien trop différents. On s'intéresse pas aux mêmes choses, on est même pas capables d'être d'accord sur un programme télé ! »

La tirade de Tadayoshi avait été entrecoupée de sanglots, et ses mains s'agrippaient désespérément au t-shirt de Shota, accentuant sa détresse. Ses trois camarades ne savaient pas quoi faire, et ce fut la sonnerie du portable de Shibu qui les fit réagir.
 
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De : Hina
A : Baru
Heure : 8h12
Objet : Ryo & Tacchon
Ryo nous a pas dit grand chose, mais apparemment, ils se sont rendus compte qu'ils n'étaient pas fait l'un pour l'autre >.<' Selon Ryu, qui a toujours été le meilleur pour déchiffrer notre complexe Nishikido, il était totalement sincère .__.
 
De : Shibutani Subaru
A : Murakami Shingo
Heure : 8h15
Objet : Re:Ryo & Tacchon
Dès que vous êtes partis, Tada-chan a éclaté en sanglots @_@ Il nous a dit que Ryo et lui s'étaient disputés, qu'ils n'étaient d'accord sur rien et qu'ils ne pouvaient pas construire leur vie ensemble... >__<
 
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Sitôt le message envoyé, les trois Kanjani∞ partis chercher les commandes rentrèrent dans la loge. Un simple regard entre Yuu, Ryu, Hina, Baru et Yassu leur apprit qu'ils en étaient au même point qu'une heure plus tôt : ils avaient à peine compris ce qui s'était passé entre leurs vieux amis.
 
*
**
 
A quelques pièces de là, la loge des NewS était dans un désordre terrible, les vêtements de toutes les couleurs de Massu recouvrant quasiment complètement les énormes livres de droit de Shiggy-chan. Les robes que portait parfois Tegoshi sur scène étaient tombées de leurs portants et recouvraient maintenant la guitare de Ryo alors que les jeux vidéo de Koyama et de Junno – qui s'était invité - trônaient sur une table basse envahie de pâtisseries et de crackers.

Au milieu de tout ça, Takahisa et Yuya jouaient aux cartes sans prêter attention au fait que ce soit des boîtes à chaussures qui leur servent de plateau tandis que Kato, installé le dos contre leurs casiers, tournait les pages d'un vieux magazine qu'il avait retrouvé en voulant ranger. Du seuil de la porte, Keii-chan et Pi les observaient, tout en discutant.

« Je croyais que les Kanja étaient un peu plus méfiants que ça » constatait Keii.
« L'attaque vient de l'intérieur, ils ne pouvaient pas s'y attendre » lui répondit le leader en haussant des épaules.
« Enfin ! Ils ne méritent plus leur titre de plus grands déconneurs. Ce sont de vraies mères poules avec les membres de leur groupe ! »
« C'est toi qui dis ça ? » les interrompit Junnosuke en relevant à peine les yeux de la télévision.

Keichiro se pencha pour donner un léger coup de poing sur l'épaule de son ami, et ils se sourirent. C'est alors qu'il vit les quatre autres membres de KAT-TUN les observer. Ce qui expliquait que YamaPi se soit raidi depuis quelques secondes. Lui et Kamenashi s'entendaient mieux qu'à l'époque du lycée, mais ils ne seraient jamais de grands amis.

« Joli décor » siffla le leader des KAT-TUN en observant ce qu'il pouvait voir de leur loge.
« Oui, on essaie de nouveaux trucs » lui répondit Keii en vérifiant que son petit Pi n'allait pas tout casser – attitude qui menaçait dès que son meilleur ennemi se trouvait à moins de cinq mètres de lui.
« Toujours la même déco, c'est assez triste, non ? »

L'allusion de Yamashita au fait que la loge de l'autre groupe était digne d'un magasin – tout aussi bien rangée, sans que rien ne dépasse ou ne soit à sa place – avait fait se raidir perceptiblement la Tortue. Taguchi se mit entre les deux leaders et continua de parler comme si de rien n'était.

« C'est quoi cette attaque dont vous parliez ? La dernière fois que Baru et Shingo ont mis leur nez dans les affaires des autres, ça s'est plutôt bien passé, non ? Ils ont réussi à mettre Nishikido et Okura ensemble alors que plus personne n'y croyait ! »

L'attirance réciproque de ces deux-là avait eu le temps de faire le tour de l'agence avant que leurs camarades n'essaient de les mettre ensemble.

« Pourtant, vous auriez dû vous douter que Nishikido n'apprécierait pas de s'être fait avoir ainsi. »

La douce voix de Uepopu avait résonné dans le couloir vide, faisant se retourner tous les autres Johnny's vers lui. Tous savaient qu'il ne s'était jamais entendu avec Ryo, et il n'était pas particulièrement proche de Tacchon. Se méprenant sur leurs regards incrédules, Tatsuya se sentit obligé de compléter.

« Il est fier et déteste qu'on lui prouve que chacun peut lire en lui comme dans un livre ouvert. Alors il en veut aux autres Kansai-men de le lui avoir plus que prouvé en lui jetant Okura dans les bras. Donc il se venge. J'ai tort ? »

Yamashita acquiesça doucement à la question de son aîné, qui se retourna alors et fila dans leur salle de danse, prêt à commencer l'entraînement quotidien, laissant les autres bouche bée.

« J'ai toujours cru que notre Uebo était amoureux de Nishikido » soupira Nakamaru.

Un éclat de rire venant de Tesshi les interrompit, signe que leur cadet trouvait l'idée très drôle et totalement improbable.

« Il en est aussi amoureux que moi, je le suis de Massu... »
« He ! C'est méchant ça ! » l'interrompit un Takahisa gonflant ses joues devant l'attaque.
« Mouh~ Tu sais bien que je t'adore, lui affirma Tego en embrassant le bout du nez de son comparse. Bref, Ueda a juste appris à connaître Ryry pour s'accorder à un vieil adage. »
« Connais tes amis, connais encore mieux tes ennemis » explicita Shige en levant à peine le nez de son magasine.

Les KAT-TUN hochèrent la tête, un peu surpris de la complicité de leurs collègues, avant d'embarquer Junno dans leur salle de danse.

« On ferait bien d'aller bosser nous aussi » les avertit Pi en se laissant tomber sur un fauteuil.
« Tu sais bien qu'on avance pas sans Nishiki-chan » répondit Massu, pas plus inspiré, en ramassant les cartes qu'il venait de gagner.
 
*
**
 
Le temps passa lentement jusqu'à la pause du déjeuner. Nishikido quitta les Kanjani pour revenir chez les NewS, prétextant subtilement qu'il ne voulait pas faire plus de peine à Okura en restant plus que nécessaire dans la même pièce que lui.

Tacchon, lui, sortit rapidement de la loge, les larmes lui montant aux yeux. Il prit un chemin différent – montant deux étages, pour en redescendre cinq et ensuite en remonter trois – et arriva à son tour à la loge des NewS tout en surveillant ses arrières.

« Personne ne t'a suivi ? »

Il répondit par un hochement de tête négatif à Nishikido, avant de sentir deux lèvres au léger goût caféiné se poser sur sa bouche. Il mit ses bras autour du cou de Ryo, l'attirant au plus près de son corps.

« Vive la discrétion, les mecs ! » les taquina Tegoshi en cachant ses yeux dans le t-shirt de YamaPi, faisant semblant d'être choqué.
« Et après, ça se vante d'être bon acteur, reprit Shige. Ça confirme ce que je pensais, les fans sont prêtes à regarder n'importe quoi tant qu'elles aiment les idoles qui jouent dedans ! »

YamaPi tentait de se dégager de la poigne – musclée – de Tegoshi, tandis que Nishikido détaillait Kato d'un regard noir.

« J'aimerais t'y voir toi ! Ça fait presque six heures qu'on se retient pour ne pas se sauter dessus. Et on a eu un photoshoot ! »

Shigeaki lui adressa un sourire compatissant.

« Bref, ils ont fait quoi, les Kanja, pour l'instant ? » Pi avait posé la question tout en s'asseyant à côté d'un Tegoshi jouant l'enfant et à la tête cachée dans son t-shirt.
« Ils ont essayé de savoir ce qu'il s'était passé. On leur a fait croire qu'on ne s'entendait pas dans la vie de tous les jours, comme prévu. Maintenant, ils ne vont sans doute pas tarder. »

Les deux amoureux s'échappèrent, juste à temps puisqu'à peine quelques minutes plus tard, ils eurent droit aux cinq autres Kanjani au complet. Les nouveaux venus s'installèrent comme ils purent dans le capharnaüm ambiant, jetant des coups d'½il partout.

« Il est où, Dokkun ? » questionna Subaru.
«  Il devait venir ? » Tegoshi sortit la tête du t-shirt de YamaPi, récoltant des regards surpris.
« Ben, il nous a fait comprendre qu'il venait vous voir, oui » souffla Yasuda.
« Pas vu » répliqua Masuda en avalant un gyoza.

Le silence se fit, rythmé par les mastications des NewS.

« Bon, alors, c'est quoi le problème avec Ryo ? » questionna Pi en jouant le leader innocent.
« Y a un problème avec Ryotan ? » La voix de Yuya partit dans les aigus, signe de sa crainte pour son aîné – du moins, c'est ainsi que l'interprétèrent les Kansai-men.
« Et bien, lui et Tacchon ont rompu. Problèmes d'entente » glissa Ryuhei.
« Non ? Mais... Il ne nous a rien dit de tel ! Comment je vais faire sans Tacchon moi ? » demanda Takahisa, lâchant ses baguettes.
« On en sait pas plus que vous, lâcha Shigeaki. Et tu devrais plus t'inquiéter pour Ryo-kun, qui fait partie du même groupe que nous, que pour ton allié-nourriture »

La dernière phrase s'adressait bien évidemment à Massu, qui eut le bon sens de faire une moue contrite, tout en semblant regretter la rupture des deux idoles.

Les Kanjani partirent, déçus de ne rien pouvoir tirer d'intéressant chez les NewS. Et se demandant où avait pu passer Ryo – qui n'était pas où il avait dit aller – et Tadayoshi – qui n'était pas là où ils l'avaient cherché.
 
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De : Shibutani Subaru
A : Uchi Hiroki
Heure : 13h06
Objet : Ton ancien groupe
Comment on reconnaît un NewS qui ment ? *curieux*
 
De : Hiro-kun
A : Baru-kun
Heure : 13h07
Objet : J'ai deux anciens groupes xP
A part Pi, Shige, et Ryo, je ne vois pas de NewS capables de mentir. Taka-chan mange plus, Yuya-chan rougit et Keii est trop maman poule pour tolérer le mensonge ! xD
 
De : Shibutani Subaru
A : Uchinutile
Heure : 13h11
Objet : L'autre ancien groupe :p
Ryo et Tacchon ont rompu avec des explications plus qu'insultantes pour notre intelligence. >< Et aucun NewS ne semble au courant. Il y a baleine sous gravillon !
 
De : Uchutile è_é
A : Subarinjuste !
Heure : 13h12
Objet : Écrire « NewS » c'était trop compliqué ? x)
Ils ont QUOI ? o___o J'arrive tout de suite !
(Et on dit anguille sous roche)
 
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Uchi débarqua quelques minutes plus tard, son bentô à la main. Il se laissa tomber sur le canapé, entre Yuu et Ryuhei, attendant des explications, qui ne tardèrent pas à venir.

« Voilà. Ce matin, ils sont arrivés chacun leur tour, ne se sont pas parlés... »
« Ne se sont pas embrassés » rajouta Shota en coupant la parole à Shingo.
« Et ils se sont assis loin l'un de l'autre. Grâce à notre ruse immense, nous avons réussi à les séparer, et ils nous ont avoué qu'ils n'avaient pas les mêmes goûts. Comme si Yasuda et Subaru ne nous avaient pas prouvé qu'on pouvait être ensemble et être différents » rajoute le bavard Yokoyama – s'attirant deux tapes sur la tête, de chacun des membres de leur plus vieux couple.
« Qui est arrivé le premier ? » les interrogea Uchi tout en grignotant un onigri.
« Nishiki... »

Shota se tut, échangeant un regard avec les autres Eito Ranger. Ils auraient dû se méfier ! En cas de déception amoureuse, Nishikido ne venait pas du tout à l'agence, préférant déprimer pendant des jours dans son appartement – jusqu'à ce que Akanishi ou Yamashita viennent l'en sortir violemment.

En aucun cas, il ne se serait pointé presque les mains dans les poches à l'agence. Surtout si son ex faisait partie de son groupe. Et, cerise sur le wagashi, Pi aurait forcément été au courant.

« On s'est fait avoir » murmura Yuu d'une voix blanche.
« Avoir pour quoi ? » demanda Ryo en entrant.
« Où tu étais toi ? » Maruyama lui sauta dessus, l'empêchant de comprendre ce qu'il se passait.

 Ryo le regarda sans comprendre, puis tourna son regard vers le reste des Kansai-men.

« Hello Uchi ! Tu vas bien ? Et j'étais sur le toit » finit-il par répondre.
« Tu peux aller me chercher un thé ? » demanda Shingo.
« Quel parfum ? » Les envies de théine du grand Murakami n'étaient pas à prendre à la légère, dans la mesure où il pouvait devenir invivable sans sa boisson préférée. Et tout Sexy-Osaka-man qu'il était, Ryo lui-même craignait les colères de son ami.
« Fruits des bois, avec deux sucres. »

Nishikido sortit, tandis que tous soufflaient discrètement.

« Bien joué, Suba ! » lança Uchi en se laissant tomber dans le cuir moelleux du canapé.
« J'avais la flemme d'aller cherche du thé moi-même. »

Les Kanjani se turent – un exploit, vu qu'ils en étaient bien souvent incapables, même sous les menaces plus imaginatives les unes que les autres de leur manager -, réfléchissant au pourquoi du comment de l'attitude de leurs amis.

« Ce ne serait pas parce que vous leur avez forcé la main ? » questionna Hiroki tout en léchant la petite cuillère qu'il avait ramenée pour son yaourt.

Cinq paires d'yeux se braquèrent sur lui, le faisant trembler.

« Mais oui, souffla Yuu. On a heurté Ryry-chan dans sa grande sensibilité ! »
« Je dirai plutôt dans son orgueil » releva Shingo.
« On fait quoi maintenant ? »

Ils se regardèrent, indécis quand à la façon de procéder. Uchi en profita pour rejoindre l'étage des juniors, arguant que comme il ne faisait plus partie du groupe, ce n'était pas de son ressort.

« On range son appartement ? » proposa Shota.

Les Kanjani grimacèrent. L'appartement de Nishikido était encore plus en désordre que la loge des NewS – ce qui n'était pas peu dire, puisque dans celle-ci, une poule n'aurait pas retrouvé ses poussins.

« On l'aide à rattraper son retard pour les chorégraphies ? » rajouta Ryuhei.

Ce qui, en réalité, ils étaient déjà sensés faire. Mais qu'ils oubliaient – pour ne pas se coucher trop tard, pour éviter un Nishikido fatigué et énervé, pour un million de raisons plus ou moins bonnes.
 
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De : Ryo
A : Tachoupinou
Heure : 13h34
Objet : Plan machiavélique
Ils ont tout compris ! Mais dans leurs amendes, ils t'oublient ><'
Tu peux rapporter le thé de Murakami, le temps que je les aide à se faire pardonner ? >o< Fruits des bois, deux sucres ! Merci mon ange <3
 
De : Tacchon
A : Chaton
Heure : 13h36
Objet : Plan ryesque
Fais-le leur remarquer ;)
J'arrive avec le thé de Shingo-kun~
 
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« Il faudrait déjà commencer par s'excuser » remarqua Subaru en secouant la tête devant les plans de ses collègues.

Nishikido entra sur ces entrefaites, en souriant – un sourire sadique à la Nishikido, le type de sourire que Ueda avait appris à fuir. Mais comme aucun des Kanjani n'était Uepopu, ils se contentèrent de déglutir profondément.

« Shingo, Tacchon te ramène ton thé, commença le seul et unique Sexy-Osaka-man. Ensuite, j'accepte vos trois gestes gentils – pour une fois que vous en avez. Je vous rappelle juste de ne pas oublier Tacchon... »

La douce menace contenue dans le ton de Ryo les fit déglutir une nouvelle fois, alors qu'ils se jetaient des regards inquiets.
 
*
**
 
Deux jours plus tard, les cinq Kanjani fautifs – plus Uchi, qui y avait été mêlé de force – étaient en train de trier les affaires de Dokkun, sous les yeux inquisiteurs de ce dernier, inquiet de voir l'une de ses nombreuses babioles brisée par l'un de ses collègues incompétents.

Assis à côté de son chéri, qu'il pouvait de nouveau câliner quand il en avait envie, Tacchon mangeait une tarte au citron cuisinée par ses collègues. Après avoir cherché pendant un certain temps, c'est Masuda qui leur avait glissé que pour se mettre un Okura dans la poche, il fallait le nourrir. Ils avaient donc débarqué avec beaucoup de nourriture, s'attirant ainsi la grâce de leur Force Verte.

Et devant son appartement mieux rangé que jamais, Nishikido commençait à faiblir lui aussi. Il leur offrit même une pause, afin qu'ils se reposent un peu.

Subaru en profita pour sortir son portable, ayant un message à faire passer et n'ayant pas eu le temps avant.
 
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De : Shibutani Subaru
A : Yamashita Tomohisa
Heure : 15h49
Objet : Ryokura
S'pèce de méchant ! è_é T'aurais pu en parler à un ami !
On s'est fait avoir ! ><'
 
De : Dieu
A : Non-fidèle
Heure : 15h51
Objet : Re:Ryokura
T'avais qu'à pas me tirer les vers du nez ! Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ! :p (Ou à Shingo, qui partage tes idées loufoques xD)
Ryry-chan m'a tout raconté... J'aurai même droit à une vidéo ! 8D

Tags : OS - Le mystère Ryokura

Pluie d'Orage 02/12/2011

OS écrit pour le concours d'Anno et Etto. (A la je-ne-sais-combientième place puisqu'elles sont trop feignantes pour écrire l'article officiel...)
Je dois dire que je me suis amusée à écrire sur ces deux-là, et j'espère que vous vous amuserez tout autant en lisant !
 
~~~
Résumé : Masuda Takahisa a une peur panique de l'orage. Alors pourquoi se retrouve-t-il tout seul le jour où le ciel de Tokyo se retrouvent pris d'assaut par des éclairs terrifiants ?

 
Emmitouflé dans sa couette, son coussin serré convulsivement entre ses bras croisés, Masuda Takahisa observait la forte pluie illuminée d'éclairs qui ornait le ciel de Tokyo en ce soir d'été. Depuis toujours, il avait une peur panique des orages, et le bruit du tonnerre le faisait littéralement grimper aux rideaux.
 
Assis au milieu du grand lit qu'il partageait d'ordinaire avec son compagnon, il repensait aux nuits d'orage qu'ils avaient vécues. Ça faisait longtemps qu'il ne s'était pas retrouvé seul sous le tonnerre, son adorable petit copain se débrouillant toujours pour le rejoindre. Sauf que cette fois-ci, il était coincé dans un avion, de retour d'une île ensoleillée et chaude, ne se doutant pas une seule seconde de la terreur qui avait envahie son Massu.
 
Une nouvelle fois, un éclair le fit sursauter, brisant le cours de ses pensées. Serrant plus fort l'oreiller plein de l'odeur virile et naturelle de son homme, il tenta de se calmer un peu, sans succès. Quelle idée il avait eu, aussi, d'emménager dans un vieux manoir de la banlieue tokyoïte ! Les poutres de bois craquaient autour de lui, et la myriade de pièces vides l'empêchait de sortir de sa chambre afin d'aller chercher son téléphone portable, qu'il avait laissé dans une poche de sa veste, accrochée dans l'entrée. Téléphone qui aurait pu lui servir pour appeler son cher Tegoshi, qui serait certainement arrivé le plus rapidement possible – même s'il aurait grogné un peu contre le fait de quitter son Uepopu, mais plus pour la forme qu'autre chose.
 
Il manqua de sursauter à un nouveau coup de tonnerre. S'emmitouflant encore plus profondément dans la couette, il gémit de peur en voyant l'éclair déchirer le ciel. Les nuages noirs s'amoncelaient, annonçant que l'orage risquait de durer encore longtemps. C'était bien sa veine, une des rares nuits où il se retrouvait seul !

Sur sa gauche, la télévision grésillait, rendue muette par la violence des éléments, au dehors. Juste avant de finir ainsi, elle avait fait entendre les premières notes du film La Famille Addams, rendant l'atmosphère lourde de l'été plus oppressante.
 
Un grincement se fit alors entendre, et il frissonna, tendant l'oreille vers le couloir. Il voyait déjà La Chose monter le long de la rampe d'escalier, sautant sur les vieux chandeliers qui décoraient encore certaines parties de la maison, suivie d'une fillette aux longs cheveux noirs tirés en deux tresses égales. Secouant la tête, il rouvrit les yeux et entendit l'escalier grincer, puis ce fut au tour des lattes du couloir. Quelqu'un se dirigeait vers sa chambre, il n'en doutait pas. Inquiet, il observa la porte s'ouvrir en grinçant un peu et il reconnut enfin une bouille qu'il connaissait bien. Laissant tomber la couette, il se précipita vers son petit copain.

« Tomaaaa ~ »

Le jeune homme le réceptionna sans effort, riant légèrement tout en plaquant le danseur contre son torse dans une étreinte réconfortante. Il lui caressa le dos, enfouissant son nez dans les doux cheveux de Masuda, qui avaient gardés cette odeur de vanille qui le faisait toujours craquer.
 
« Je croyais que ton avion n'arrivait pas avant demain ? » questionna le plus jeune en gardant son nez collé sur l'épaule de son aîné.
« Quand j'ai vu qu'ils prévoyaient un orage sur Tokyo, j'ai décidé de mettre les voiles. Je n'aurais pas été tranquille de te savoir tout seul ici, avec ta peur panique du tonnerre ! »
 
Ikuta Toma décida alors de ramener son compagnon fatigué sur le lit, souriant devant le matelas débarrassé de ses draps et du canard en plastique traînant dessus.

« Tu as sorti Nestor de la baignoire ? »
« Il était le seul à me tenir compagnie » grogna Takahisa en s'affalant sur le lit.

Nestor le canard avait trouvé sa place sur un oreiller, et il observait le mur de son perpétuel regard blasé avant que Toma ne l'envoie par terre, titiller les moutons de poussière qui occupaient l'espace en dessous de leur lit.
 
Récupérant tous les oreillers qu'ils y avaient mis, il se fit un confortable dossier où il s'installa, puis Massu se dépêcha de récupérer sa place dans ses bras alors qu'un énième coup de tonnerre grondait au dehors, illuminant rapidement la chambre d'un éclair.

Sentant le jeune NewS frissonner contre lui, Toma fredonnait une mélodie sans paroles qui, habituellement, calmait le jeune homme rapidement. Mais ce jour-là, c'était impossible, tant la phobie lui coupait tout moyen.

« Tu veux que je joue un air au banjo ? »
 
Le rictus qui fit office de réponse le renseigna sur l'état d'esprit de celui-ci : plus jamais de banjo. Toma n'avait pas commencé l'apprentissage de cet instrument depuis longtemps, mais le verdict avait été unanime, tous voulaient qu'il abandonne. Il jouait pourtant plutôt bien du piano ou de la guitare, mais cet instrument de malheur qu'était le banjo lui résistait encore et toujours – au grand malheur des oreilles de Takahisa, qui grimaçait chaque fois que l'instrument sortait de sa coque de protection.

« D'accord, d'accord, pas de banjo. Mais un tour dehors te ferait le plus grand bien. »
 
Takahisa grogna devant cette tentative de lui faire oublier sa peur signée Tegoshi, qui tentait par tous les moyens de lui faire oublier les grondements et les éclairs affolants – et parfois meurtriers. Puis il accentua son étreinte sur son petit copain, qui rit un peu. Soulagé qu'il laisse tomber aussi rapidement, ce qui était rarement le cas, Masuda laissa tomber sa garde et desserra son étreinte. Levant les yeux vers le visage de son compagnon, il s'étira d'un chouilla pour atteindre les lèvres roses et pleines qui le tentaient depuis un bon moment.
 
Alors qu'ils s'embrassaient doucement, le plus jeune profitant de la présence rassurante de son compagnon, ce dernier se détacha, puis fit rapidement tomber son compagnon, qui rebondit un peu sur le matelas avant que deux bras ne l'enlacent, le soutenant dans le dos et derrière les jambes, ce qui amena bientôt le NewS à être porté comme une Princesse. Masuda avait, par réflexe, entouré le cou de Toma de ses bras et enfouit sa tête dans le cou du jeune homme.
 
« Toma, repose-moi s'il te plaît ! » geignit-il en essayant de se dégager de l'étau formé par les bras du Toma sus-nommé.
 
Mais il eut beau tempêter, le menacer de tout ce qui lui passa par la tête (de l'interruption de bisou à un arrêt absolu de préparation des repas en passant par le laisser purement et simplement tombé), il ne réussit qu'à faire rire Ikuta, sa poitrine tressaillant sous l'hilarité et faisant frissonner le pauvre Taka-chan.
 
Finalement, il fut déposé dehors, où il trembla un peu, surtout de peur. La pluie était chaude, laissant une température plus qu'agréable dans leur jardin et s'il n'y avait pas eu l'orage, Masuda Takahisa aurait passé l'une des plus belles soirées de sa vie.
 
S'éloignant un peu de Toma, il rentra dans la véranda et s'affala sur une chaise longue qui traînait par là. Il savait que son compagnon avait gentiment refermé la porte d'entrée, l'empêchant de rentrer à sa guise pour se réfugier dans la vieille demeure.

Un nouvel éclair et Toma, resté dans le jardin, vit son Taka-chan sursauter à travers les vitres de la véranda. Découragé devant la bouille apeurée de son compagnon, il le rejoignit et lui demanda ce qu'il se passait. Lui qui n'avait peur de rien – excepté des groupies hurlants qui les attendaient à la sortie des concerts -, il se demandait ce qui pouvait bien faire si peur au jeune danseur dans ces manifestations électriques. Le bruit de la musique en concert était bien plus fort que le tonnerre qui embrasait le ciel en cet instant.
 
« Le pot de fleur » chuchota Masuda en lui indiquant d'un geste de la main le fameux pot de terre cuite qui contenait une orchidée offerte par Maman Masuda.
 
Toma s'en approcha, intrigué. Ce n'était qu'un pot de fleur tout ce qu'il y avait de plus normal, en terre cuite et peint dans les tons ocre-brun. Haut d'une quinzaine de centimètres, il ne contenait qu'une fleur, et il décorait leur véranda depuis qu'ils avaient emménagés dans la maison, huit mois plus tôt.
 
« Il n'a rien ce pot de fleur, p'tit loup. »
« Si. Il me regarde... Bizarrement. »
 
Soupirant, Toma se laissa tomber à côté de son amoureux, gardant les yeux fixés sur le pot de fleur. Qui était toujours aussi normal. Il sentit la main de Massu se coller dans la sienne.

« Attend, tu vas voir au prochain éclair. »

La voix de son petit ami était-elle aussi terrorisée qu'il l'entendait ou le jeune homme avait-il décidé de jouer la comédie ? Ce n'était qu'un pot de fleur, Kami-sama !

Un éclair traversa alors le ciel, illuminant le ciel de cette lourde journée d'été et disposant sur le pot de fleur des ombres dessinant un visage assez terrifiant. Son Massu était terrifié à cause d'ombres sur un pot de terre cuite. Dissimulant un sourire, il posa son bras autour des épaules du jeune NewS, le serrant contre lui.

« Taka-chan, ce n'est qu'un visage dessiné par l'éclair. Le pot de fleur n'y est pour rien. »
« Quand je te dis que ça fait peur, l'orage » grogna son compagnon, qui détestait qu'on se moque de lui.
 
Soupirant pour masquer son agacement, Toma se leva et tira son petit ami à l'extérieur. Masuda se recroquevilla aussitôt autour de son bras, tremblotant contre lui. Doucement, ils s'éloignèrent vers le bout du jardin, et Ikuta inspira à grands poumons la senteur mouillée des arbres qui les entouraient. A cet endroit, le sol était sec, protégé par les feuilles.

Détournant son regard des feuilles éparpillées sur le sol et formant un tapis oscillant entre le doré et le rouge, il s'adressa au Johnny's apeuré toujours accroché à son bras.

« Écoute, Taka, tu viens d'avoir vingt-cinq ans. Tu devrais savoir que les orages sont seulement des perturbations atmosphériques. Il s'en produit tous les ans à Tokyo, tu devrais t'y être habitué ! »

« Ben oui, mais ça me fait peur le bruit ! »
 
Un éclair illumina à cet instant précis le visage suppliant de son compagnon, lui faisant mal au c½ur. Il détestait faire du mal au mignon Takahisa, mais la phobie de son compagnon ne pouvait plus durer. L'enlaçant, il lui chantonna de nouveau la mélodie qui d'ordinaire le calmait à coup sûr.
 
« Le bruit n'est pas pire qu'en concert, si ? »
« Il est... Différent ! »
 
Masuda pouvait être très têtu quand il le voulait, et Toma savait que quand il avait son idée sur quelque chose, il était très difficile de le faire changer d'idée. Tout en sifflotant la même petite mélodie, il cherchait une solution pour que l'excellent danseur soit enfin débarrassé de cette phobie qui lui gâchait la vie. L'idée lui vint alors que le tonnerre grondait et que Masuda diminuait encore la distance entre leurs deux corps.
 
« P'tit loup, si j'arrivais à te faire passer un moment agréable, tu crois que tu arriverais à laisser ta peur des orages un petit moment ? »
« Tu n'arriveras pas à me faire passer un moment agréable » grogna le louveteau en question.
« Ça ne coûte rien d'essayer, ne ? »
 
S'emparant du menton de son kohai, il le releva doucement, plongeant dans les yeux toujours terrifiés du jeune homme. Lentement, il approcha leurs lèvres, et ce fut Masuda qui les fit se toucher, impatient, détestant l'attente que mettait Toma dans son geste. Doucement, ils s'embrassèrent, laissant leurs lèvres se redécouvrir. Les mains de Toma se baladaient sur les flancs de Masuda, le faisant frissonner incontrôlablement, alors que les bras de ce dernier restaient le long de son corps.
 
Délicatement, Toma poussa Takahisa vers le mur d'enceinte du jardin, adossant posément son petit ami contre les pierres rêches et humides. Tout en continuant de l'embrasser, ses mains passèrent des flancs au ventre du NewS, leurs caresses provoquant des frémissements et coupant de temps à autre sa respiration désormais erratique. Souriant contre les lèvres de Takahisa, Ikuta laissa descendre ses mains encore plus bas, frôlant la ceinture du pantalon.
 
Masuda accrocha ses bras autour du cou de Toma, se laissant emporter par les sensations qui parcouraient son corps. Les baisers brûlants de son petit ami le laissaient haletant, et ses mains baladeuses faisaient monter son désir, l'empêchant de réfléchir correctement. Avec toutes les attentions de Toma, il en oubliait l'orage et sa peur, fermant les yeux pour démultiplier les sensations qui parcouraient son corps.
 
Maintenant que Takahisa gémissait, totalement oublieux de ce qui se passait ailleurs qu'entre eux deux, Toma le déshabilla, vêtements après vêtements, ravi de pouvoir les jeter sur un sol relativement sec – Taka l'aurait tué si tel n'avait pas été le cas.
 
Doucement, amoureusement, ses mains parcoururent le corps nu de Masuda, accentuant ses gémissements. C'est alors que le danseur laissa ses mains vagabonder sur le corps de Toma, grognant en découvrant que des vêtements entravaient ses caresses. Faisant basculer leurs positions, il entreprit de déshabiller Ikuta, caressant avec plaisir chaque parcelle de peau qu'il pouvait atteindre, appréciant la douceur et la chaleur de ce corps qu'il connaissait par c½ur.
 
Bientôt, ils furent tous les deux nus, leur virilité s'entrechoquant à chaque baiser, chaque rapprochement, faisant monter leur désir. Les caresses ne leur suffirent plus et ils se laissèrent tomber à genoux sur le sol, entrelacés.

La main de Toma remonta, glissant sur l'aine puis le ventre de son compagnon, s'attardant sur son omoplate, traçant un chemin qui faisait frissonner un Takahisa se laissant totalement aller. Puis il présenta ses doigts au NewS, qui les lécha goulûment, impatient de la suite.

Doucement, Ikuta le coucha sur le sol couvert de feuilles, puis il glissa un doigt dans l'intimité de son amoureux, provoquant un tressaillement de plaisir. Voyant les yeux noircis par le désir, il rajouta rapidement un deuxième, puis un troisième doigt, tandis que Masuda resserrait ses mains autour de ses épaules, en réclamant toujours plus.

Prenant appui sur l'une de ses mains, soulevant le bassin de son Taka-chan de l'autre, il le pénétra doucement, laissant la sensation brûlante et tellement attendue prendre le dessus. Puis il s'immobilisa, guettant le ressenti de Massu. Celui-ci ouvrit péniblement des yeux toujours aussi assombris par le désir, des gémissements de plaisir dévalant hors de sa bouche sans qu'il ne semble les contrôler – ou même vouloir les contrôler.

Alors, lentement, Toma commença à donner un coup de bassin, récompensé par un murmure plus rauque. Souriant, il enchaîna, ravi de voir Takahisa se répandre en suppliques vaines pour rapprocher leur délivrance commune.

Le désir tordait leurs visages, les faisant resplendir d'un amour fou et réciproque. Leurs chuchotements se perdaient parmi les arbres tandis qu'ils continuaient de se retrouver à coup de mouvements de bassins. Les va-et-vient se poursuivirent, accompagnés de gémissements et de halètements, bientôt couverts par la voix de Takahisa criant le prénom de son petit ami. Toma ne tarda pas non plus, et il se libéra en un râle rauque.

Le plus âgé se laissa alors tomber à côté de son amoureux, le serrant toujours dans ses bras, lui murmurant des « Je t'aime » par milliers. Leurs mains glissaient toujours sur la peau de l'autre, mais seulement pour le simple bonheur de savoir l'autre si prêt, et non plus pour exacerber leur désir. Leurs respirations reprirent bientôt un rythme plus calme, s'accordant naturellement l'une avec l'autre.

Progressivement, ils se relevèrent, cherchant leurs vêtements éparpillés autour d'eux en un cercle rassurant et familier. Leur petit cocon. Ils se rhabillèrent tandis que les dernières gouttes de pluie frappaient les feuilles leur servant de toit, tandis que plus à l'est, le soleil se levait déjà, chassant les nuages.

« Tu auras encore peur de l'orage ? »
« Pas si tu es avec moi. »

La voix douce de Masuda n'avait produit qu'un murmure, mais Toma sourit comme un imbécile, heureux de la déclaration de son compagnon, qui n'avait jamais aimé trop dévoilé ce qu'il ressentait. C'est en riant et en se chamaillant qu'ils rentrèrent dans leur maison, oubliant le pot de fleur qui n'affichait plus qu'un sourire joyeux sous les faibles rayons du soleil.

Tags : OS Concours - Pluie d'Orage

Fantômes et Esprits 10/11/2011

Voici un OS original, que j'ai écrit l'année dernière - et que j'ai totalement oublié entre temps.
Il est un peu en retard sur l'actualité (Halloween est passé depuis un bail), mais je voulais le mettre quand même. Surtout parce que je ne sais pas trop quoi en penser.
Bref, bonne lecture !
~~~
Résumé : Rebecca est cartésienne au possible et, pour elle, le surnaturel n'existe pas. Elle essaie de tout expliquer par la logique, ne se satisfaisant pas des croyances vagues. Alors que fait son petit ami décédé dans son salon ?
 
Fantômes et Esprits
 
Rebecca Keira Jones était une jeune fille tout à fait normale, merci pour elle. Jeune femme au caractère bien trempé, elle haïssait tout ce qui sortait de l'ordinaire, et fuyait dès que July, sa meilleure amie, lui parlait de spiritisme. Même enfant, elle ne pouvait écouter les contes de fées, protestant que les animaux ne pouvaient pas parler, et que les sorcières n'existaient pas – ce qui mettaient ses parents dans le désespoir de trouver des histoires qui lui conviennent.

Docteur en médecine, spécialisée en gériatrie, elle était terre à terre et cartésienne. Dans son monde, l'idée même du paranormal pouvait être expliqué par la science, et pour elle, ce que croyaient voir les gens n'étaient que des illusions ou des choses qui pouvaient s'expliquer tout à fait rationnellement.

Alors, comment se faisait-il que son ex-fiancé, mort depuis deux ans, soit tranquillement installé sur son canapé, sirotant un verre de champagne tiré de sa réserve personnelle ? Un homme mort – mort devant ses yeux, par Merlin ! - ne pouvait être paisiblement entré chez elle. Elle ferma ses yeux noirs tout en secouant lentement sa tête. Ce n'était qu'une hallucination, une scène qu'elle voulait tellement réelle que son cerveau l'imaginait.

Elle rouvrit posément ses paupières, s'attendant à ne voir que son petit salon, son vieux canapé rouge, la télévision et la lampe offerte par sa tante. Il était toujours là – ce qui était strictement impossible ! Et il l'avait entendue, puisque les yeux verts du jeune homme s'étaient tournés vers elle, une lueur malicieuse encrés si profondément en eux.

- Toujours aussi convaincue que le surnaturel n'existe pas ?

Sa voix n'avait pas changée, toujours aussi fluide, avec cette pointe rauque qui l'avait faite chavirée huit ans auparavant. Rebecca soupira et lui tourna le dos, tentant par ce moyen d'oublier l'homme derrière elle. Elle se dirigea vers la cuisine, envoyant d'un geste ses chaussures vers la direction approximative du meuble qui les abritaient d'ordinaire.

- Tu ne ranges pas ?

L'interrogation était légitime – Becca était connue dans son groupe d'amis pour être une maniaque du rangement. Cependant, ce ne fut pas la voix familière qui la fit frissonner cette fois. C'était de sentir le souffle de son compagnon dans son cou, de sentir sa chaleur dans son dos. Il était bien trop loin pour être arrivé derrière si vite : il avait dû traverser la pièce qui, bien que peu grande, se foulait en quelques secondes – et pas en un quart de seconde. Et puis, comment Samuel pouvait-il se déplacer sans faire de bruit ?

Elle se retourna, restant figée un instant devant la proximité de leurs corps. Elle n'avait plus approché un homme d'aussi près depuis bien longtemps – sauf son frère, mais ça ne comptait pas vraiment. Elle recula, repris son souffle et le regarda droit dans les yeux. C'était bien Samuel, ses yeux verts pétillants, sa bouche perpétuellement ouverte en un sourire amical, ses cheveux blonds décoiffés.

- Comme tu le vois, répliqua-t-elle. Que fais-tu là ?
- Je suis venu te dire au revoir. Tu ne m'as jamais oublié, n'est-ce pas ? Il serait peut-être temps, Becks.

Elle se figea. Seul Samuel l'appelait Becks, et à part July, personne ne connaissait ce surnom débile inventé un soir où ils avaient un peu trop bu. Tous les trois s'étaient rencontrés en internat au New-York University Hospital et ne s'étaient jamais quitté – jusqu'à l'accident.

Becca secoua la tête, ses longs cheveux suivant le mouvement et cachant peu à peu son visage baissé. Elle ne voulait pas revoir la catastrophe qui leur était arrivés, July avait mis des mois à lui faire comprendre que ce n'était pas de sa faute, qu'elle n'aurait pas pu le sauver.

- Becks, ne me dit pas que tu culpabilises ? demanda Samuel.

Son ton suffisait à faire comprendre que penser cela était pour lui une hérésie, cependant Rebecca ne bougea pas, confirmant son hypothèse. Ainsi, elle se sentait responsable. C'était tout à fait elle, ça, de prendre la responsabilité d'événements tout à fait hors de contrôle et de s'en vouloir pour ça.

Il l'attira vers lui, l'enlaçant fermement dans ses bras. L'une de ses mains caressa lentement son dos, tendis que l'autre s'agrippait dans les longs cheveux qu'il avait toujours aimé effleurer. Il sentit de corps de la femme se tendre contre lui, sa respiration s'accélérant. Il devina qu'elle pleurait en silence, évacuant péniblement la tension qui l'habitait depuis deux ans.

Rebecca na contrôlait plus son corps, pleurant alors qu'elle essayait désespérément de s'accrocher à son calme factice. Elle s'effondra dans les bras de l'homme qu'elle avait aimé, se laissant aller.

L'incident lui revenait à la mémoire par vagues, emportant avec lui de nouvelles larmes, plus amères. Elle se revit marcher dans Brooklyn après être aller voir une comédie musicale. Au bras de Sam, elle babillait des choses sans importance, profitant de la douce soirée estivale, observant les personnes qui les entouraient. Et puis, il y avait eu des cris, des mouvements de foule et elle avait entraperçu un homme qui tenait un revolver dans ses mains – un Smith & Wesson, lui avait dit un inspecteur quelques jours plus tard. Elle se souvint avoir hurlé, enfouissant sa tête dans l'épaule de Sam. A ce moment-là, l'homme se tenait dos à eux et ne les avait pas encore vu. En l'entendant, il s'était retourné et avait tiré, plus par surprise que pour vraiment les tuer. Samuel s'était dressé devant elle et la balle était rentré dans sa poitrine.

En tant que médecin, elle avait essayé de le réanimer, mais la balle avait touché le poumon et le temps que l'ambulance arrive, les dommages étaient trop importants pour le sauver.

Elle s'était réveillé en sueurs pendant des mois, à revoir cette scène toutes les nuits. A se demander ce qui se serait passé si elle n'avait pas crié.

- L'homme ne nous aurait pas remarqué, si je n'avais rien dit. On se serait mariés, et on aurait eu un enfant.

Elle se tut en s'apercevant qu'elle parlait à haute voix. Elle repensa un instant à leurs projets avant de les abandonner dans un coin. De toute manière, ils ne pourraient jamais les réaliser, alors, à quoi bon ?
Rebecca sentit les bras se serrer plus fort autour d'elle, la rassurant. A son tour, elle glissa ses bras autour du corps svelte de Samuel. Ils restèrent là un instant, sans bouger, puis ils se détachèrent lentement l'un de l'autre.

La jeune femme se dirigeait vers le sofa quand elle se figea brutalement, forçant Samuel à lui rentrer dedans sans pouvoir l'éviter. L'homme examina sa compagne, puis la direction vers laquelle celle-ci regardait. Il s'arrêta de respirer en voyant que trois jeunes enfants les observaient. Cependant, ceux-ci semblaient vraiment irréels, puisqu'ils étaient de couleurs pâles qui permettaient de voir ce qu'il y avait derrière eux et qu'ils semblaient entourés d'une aura doré.

En outre, ces enfants leur ressemblaient étrangement. En effet, le plus grand, un garçon, avait les cheveux noirs de Becks, leur texture aussi, mais son visage dur était adouci par les yeux verts de Sam. La seule fille du trio, placée à l'autre extrémité du canapé, avait les cheveux du même blond que celui de Sam, juste un peu plus longs, et retenus pas un chignon qui se défaisait. Ses yeux noirs, si semblables à ceux de Becca étaient posés sur le deuxième garçon, le plus jeune. Celui-ci était assis entre les deux grands et était le seul à regarder les deux adultes. Ses cheveux blonds retombaient autour de son menton, lui faisant un visage malicieux, et ses yeux verts étaient sombres, tirant presque sur le noir – ou alors, ses yeux noirs étaient clairs, tirant sur le vert, Rebecca n'arrivait pas à se décider.

Les deux adultes les observèrent un long moment, hébétés et rendus muets par la surprise. Petit à petit, ils acquirent la certitude que ses enfants auraient pu être les leurs – ceux qu'ils avaient tant désirés. Ce qui était strictement impossible, ne cessait de se rappeler Becca. Comment pouvait-elle être auprès de l'homme qu'alla avait aimé, devant trois enfants qui auraient pu être les leurs ? C'était scientifiquement impossible.
Mais elle devait l'admettre, c'était bien ce qui se déroulait sous ses yeux. Et même si la science ne pouvait pas l'éclairer, elle devait l'avouer, peut-être bien que le surnaturel existait. Ce qui, pour elle, était singulièrement dur à avaler.

Néanmoins, elle constata que les enfants s'éclipsaient peu à peu, devenant transparents puis n'étant plus là du tout. Elle eut de nouveau cette impression, qui lui avait déjà brûlé le ventre quand elle avait compris que Samuel ne se relèverait jamais, que son avenir ne serait pas celui, joyeux et simple, qu'elle avait toujours imaginé mais que dorénavant, elle serait seule et malheureuse. Cette même perception d'un pont qui s'écroule devant elle, ne lui permettant plus d'aller vers le joli coin ensoleillé qui lui faisant tant envie, la laissant admirer l'île sans que jamais elle ne puisse s'y rendre.

Samuel bougea à ses côtés, s'éloignant d'elle. Elle l'observa à la dérobée, remarquant sa mâchoire contractée et ses yeux plissés, signes, chez lui, d'une profonde tristesse. Ils étaient sur la même longueur d'ondes, ressentant le même sentiment.

Lentement, elle vit sa propre main se poser sur l'épaule de Sam, le rassurant par cet infime toucher. Elle lui sourit, puis s'éloigna. Lui aussi n'allait pas tarder à partir. Elle serait seule à nouveau, mais elle pourrait se raccrocher à son travail. Après tout, elle s'en était sortie comme ça la dernière fois.

- Je sais que tu es toujours seule Becks. Mais tu devrais te trouver quelqu'un tu sais. Des tas de types seraient ravis d'avoir une copine jolie et intelligente comme toi.
- Aucun n'est toi, répliqua la femme d'un ton neutre.
- Tu dois passer à autre chose. Je suis mort, Rebecca, et jamais je ne pourrais revenir. Je VEUX que tu sois heureuse, c'est trop te demander ?
- Oui ! Cette fois, la voix était colérique, tremblante de rage.

Sam soupira. Il savait que faire entendre raison à Rebecca était impossible – elle était extrêmement têtue. Mais il savait également qu'il lui était nécessaire de passer à autre chose, de vivre en dehors de lui, de vivre en dehors des souvenirs qui lui restaient de son premier amour. Peut-être s'en rendra-t-elle compte toute seule, avant qu'il ne soit trop tard – mais, soyons sérieux, Sam connaissait effroyablement bien la doctoresse et savait qu'elle ne s'en rendrait compte que trop tardivement, voire jamais.
 
*
* *
 
Après cette discussion – cet échange de point de vue serait plus pertinent, mais Rebecca se refusait à employer ce terme -, la jeune femme était simplement partie se coucher dans son lit, la couette bien enroulée autour d'elle pour se tenir chaud, le gros oreiller moelleux placé sous sa tête.

Comme elle avait la réputation de dormir sans bouger d'un seul membre, elle fut surprise de sentir le froid quand elle s'éveilla. Puis de se rendre compte qu'une main féminine était posée sur son épaule, et que la voix de July prononçant son prénom lui parvenait difficilement à travers les brumes du sommeil. Elle se rendit progressivement compte de la douleur dans son dos. Elle s'assit alors et s'aperçut qu'elle était dans son bureau, assise sur sa chaise et que sa tête reposait sur le dossier du dernier patient qu'elle avait vu. Elle grimaça, sa douleur augmentant avec la sensation d'être bien réveillée.

July se tenait à ses côtés, visiblement inquiète. Becca regarda autour d'elle et aperçut sur un calendrier non loin la date. Le 31 octobre, le jour d'Halloween. Bien sûr, les morts étaient venus la visiter la veille du jour où on les fêtaient. Elle soupira. Les dernières paroles du fantôme de Samuel lui revenaient, et elle n'acceptait toujours pas de l'abandonner – ce serait le trahir. Et elle revoyait les trois esprits, souriants, parfaits mélanges de Sam et d'elle.

Le bras de July passé autour de ses épaules lui apprit qu'elle ne devait pas avoir l'air bien, puisque sa meilleure amie n'était pas du genre à câliner. Elle se laissa aller dans l'étreinte quasiment maternelle de son amie.

- J'ai rêvé de Sam, laissa-t-elle échapper d'une voix sourde.
- Il est venu te sermonner pour que tu refasses ta vie ? questionna July d'une voix un peu trop enjouée.

Becca hocha la tête, et l'étreinte de son amie se fit plus forte, comme pour lui signifier "je serais toujours là pour toi".

- Il a raison, tu sais.
- Je sais, mais c'est dur.

Tout était dit entre elles, et elles se séparèrent l'une de l'autre. July se dirigea vers la porte, informant sa cons½ur qu'elle avait la journée de libre. Rebecca la remercia et rassembla ses affaires, sortant de l'hôpital – elle travaillait toujours dans celui où elle avait fait son internat, essayant de retrouver la présence de Sam dans ces murs qu'ils avaient arpentés ensemble.

Elle se dépêcha de rentrer chez elle, ne voyant pas les gens qui arpentaient les trottoirs. Elle monta rapidement les marches, manquant de renverser son nouveau voisin – un jeune homme tout à fait charmant qui en profita pour l'inviter à boire un verre, histoire de faire connaissance. Elle accepta, se surprenant elle-même.

Après tout, il était sûrement temps de passer à autre chose. Dès demain, elle demanderait à être mutée dans un autre hôpital new-yorkais. Rester au NY University était trop douloureux, et ça ne ferait pas revenir Sam.
Elle comprenait enfin qu'il était temps de se défaire de ses fantômes pour avancer. Il lui était permis à elle aussi d'espérer. Et peut-être qu'elle serait accompagnée pour le mariage de July, six mois plus tard. Ce serait indubitablement une bonne idée. Becks sourit, pour la première fois depuis deux ans.

- Adieu Samuel, murmura-t-elle dans la cage d'escalier déserte.

Tags : OS - Fantômes et Esprits

OS Concours - Tanabata 27/12/2011

Ecrit pour le concours des un an du blog de Shina. Allez voir les autres OS, ils sont tous absolument excellents !
Et puis, regardez cette magnifique photo qu'elle m'a trouvée pour illustrer mon texte *.*

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Résumé : Akanishi Jin se morfond dans son luxueux appartement new-yorkais. C'est le jour de son anniversaire, et à part sa mère, personne ne le lui a encore fêté...
 
Aiba Masaki dans un super yukata *.*
 
Tanabata
 
Les feux d'artifice éclataient au dessus de la tête d'Akanishi Jin, répandant des lueurs jaunes, bleues, rouges ou dorées. Le bruit lui parvenait atténué, étouffé par les immeubles qui le séparaient du lieu où ils étaient tirés. De son balcon, il observait les familles se presser dans les diverses attractions, chahutant et plaisantant entre elles. Cela ressemblait énormément au Tanabata Matsuri, si ce n'est que les participants étaient en jeans et tee-shirts, de nationalité américaine, et que les feux explosaient pour le Jour de l'Indépendance.

Soupirant, Jin rentra dans son appartement, guettant un signe de ses amis. C'était le quatre juillet, le jour de son anniversaire, et il n'avait reçu aucune nouvelle du Japon, à part un appel de sa mère. Il n'était parti que depuis quelques mois et déjà, il ne semblait plus exister au regard de ses camarades.

Retournant son téléphone entre ses doigts, il guettait le moindre vibration annonçant un message ou, encore mieux, un appel. Mais il ne sentait que les trépidations dus au crépitement des feux d'artifice, dont il voyait les lumières éclairer brièvement son plafond à intervalles réguliers.

Un jour d'anniversaire particulièrement morne et triste. Loin de ses plus proches amis, dans un pays où l'on ne parlait qu'anglais – enfin, un anglais particulier, nasillard, très éloigné de l'anglais scolaire qu'il avait appris – et où la politesse était le plus souvent oubliée, il se sentait plus exilé qu'il n'aurait pu le penser. Ici, il était presque un inconnu, que la plupart des indigènes confondaient avec tous ses compatriotes japonais – une journaliste l'avait même pris pour Ninomiya Kazunari, qu'elle connaissait par le film « Lettres d'Iwo Jima ».

Un nouveau soupir, et il se força à se lever et à aller prendre son courrier. Il descendit les marches quatre par quatre, saluant ses voisins qui l'ignoraient en retour. La sacro-sainte politesse japonaise lui manquait. Tout comme les combinis ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les magasins colorés de Harajuku ou les restaurants japonais bons marchés.

Il attrapa le paquet qui trônait dans sa boîte, fronçant les sourcils devant les feuilles bariolées annonçant de la publicité. Rentrant dans son appartement, il se hâta de jeter les papiers incriminés avant de se pencher sur les enveloppes blanches. L'écriture cursive qui ornait la plupart lui montrait clairement qu'elles venaient de son staff américain. La dernière, cependant, portait les marques des voyages internationaux. Et les kanjis dans le coin droit firent battre son c?ur un peu plus rapidement. Une lettre du Japon !

Laissant les autres enveloppes s'éparpiller à ses pieds, il décacheta rapidement celle qu'il tenait entre les mains, s'étonnant de son épaisseur. Il en sortit une mince feuille de papier et un rectangle cartonné portant la marque d'une compagnie aérienne. Des billets d'avions ? Posant la lettre, il entreprit de découvrir sa destination. Un aller simple entre New-York et Tokyo, pour le jour même – et dans moins de cinq heures calcula-t-il. Il ouvrit alors la feuille blanche.

« Hello Jinou !
Je me suis dit que le Japon te manquerait peut-être, ne ? Même si tu étais sûrement très heureux d'aller vivre aux États-Unis. Et puis, un anniversaire au pays, c'est mieux, non ?
O Tanjôbi Omedetô !
Pi-chan »

Comme toujours, son cher Pi-chan avait semblé deviné avant lui ce qui lui plairait le plus. La complicité qui les unissait était terrifiante, immense mais surtout réconfortante. Plissant la missive entre ses doigts, il se précipita dans sa chambre. Fourrant ses vêtements préférés dans une valise qui traînait sur son lit, il entreprit de faire rentrer en plus les partitions sur lesquelles il devait travailler, et ce qui lui tombait sous la main, sans vraiment y prêter attention – des photos essentiellement, mais aussi des petites bricoles, toutes ces choses dont il n'arrivait pas à se détacher quand il se retrouvait seul les jours off.

Sa valise à peu près fermée, il se dépêcha d'attraper son téléphone et son ordinateur, d'envoyer un message, sûrement bourré de fautes, à son manager et de monter dans l'un des rares taxis jaunes vides.

Rapidement, comme s'il était dans un rêve, il se retrouva dans l'avion, puis il foula de nouveau le sol de son pays d'origine. Les conversations en japonais résonnaient autour de lui, lui faisant plus de bien qu'il n'aurait pu le croire.

Avançant dans les couloirs, il récupéra ses bagages puis sortit de l'aéroport bondé en ces jours précédant le Tanabata. Un simple coup d'?il lui permit de repérer Tomohisa, nonchalamment assis sur un banc, un quotidien national sur les genoux.

« Arrête de lire, je suis là ! »
« Bonjour Jin, moi aussi je suis ravi de te revoir » le reprit Pi en souriant, avant de se lever et de l'enlacer brièvement.

Pour un peu, ils en auraient tous les deux eu la larme à l'½il. Quelques mois sans se voir et en ayant à peine le temps de communiquer, et ils se transformaient en filles hystériques ! Pi l'emmena rapidement vers le restaurant le plus proche, où ils déjeunèrent tout en parlant de leurs carrières et du dépaysement américain – Tomohisa rigola particulièrement quand son ami évoqua les difficultés de compréhension dus aux nombreux accents.

Puis Jin trouva étrange que le NewS réponde aussi souvent à son portable. Il n'était pas forcément très observateur, mais le comportement de Tomohisa était vraiment étonnant. D'ordinaire, il était du genre à oublier totalement son téléphone quand il était avec ses amis. Akanishi décida alors de découvrir ce que tramait YamaPi, et lui vola le fameux portable avant qu'il n'atterrisse dans une poche. La consultation des messages reçus lui apprit que le leader démoniaque parlait avec Ryo d'un certain plan X-37 – un de leurs noms de code ridicules auxquels il n'avait jamais rien compris.

« Piii ~ C'est quoi, X-37 ? »
« Je te le dirais plus tard. Si, et seulement si, tu es sage. » Le ton sérieux de Pi ne manqua pas de l'alerter – après tout, il avait fouillé plusieurs fois dans les messages de son ami sans pour autant se le mettre à dos. Comprenant que, d'un côté ou d'un autre, ça devait avoir un rapport avec lui et son retour à Tokyo, il redonna le portable à son légitime propriétaire dans l'espoir que sa curiosité soit rapidement assouvie.
Mais Pi semblait ne pas la prendre compte, et il emmena Jin à travers les rues de Tokyo sans plus prêter attention aux messages de Ryo. Akanishi, qui était d'un naturel impatient, n'en pouvait plus de ces détours sans destination fixe, et il avait manqué plusieurs fois de s'énerver.

Finalement, Tomohisa gara sa Mini Cooper devant son appartement et aida Bakanishi à prendre ses bagages – parce que pour un séjour de quatre jour, il fallait à l'ex-KAT-TUN l'équivalent d'une énorme valise complétée d'un gros sac à dos et d'un étui de guitare. Alors qu'il allait de toute façon piocher allègrement dans les affaires de son meilleur ami.

Ils montèrent rapidement dans l'appartement, et Jin alla installer ses affaires dans la chambre d'amis, en profitant pour faire un court somme sur le lit moelleux et confortable.

Il fut réveillé plusieurs heures plus tard par un YamaPi clairement amusé, et un simple coup d'?il lui permit de constater que le ciel, si clair quand il s'était endormi, était maintenant bleu sombre et que des étoiles commençaient à apparaître.

« Saleté de décalage horaire ! » grogna-t-il sous les rires de son meilleur ami.

Ils mangèrent rapidement un plat de gyozas, avant de mettre leur tenue de camouflage, à savoir un chapeau et des lunettes de soleil, et de redescendre dans les rues de Tokyo.

Tout heureux, Jin ne pouvait s'empêcher de sautiller, s'impatientant de la marche tranquille et lente de Pi. Revoir les visages typiquement japonais et les couleurs chaleureuses de l'Asie lui faisait vraiment plaisir. Cela faisait si longtemps...

La soirée se passa rapidement, Pi emmenant Jin dans tous les endroits de la capitale qu'il aimait tellement - et qui lui avaient tellement manqué. C'était très gentil de la part de Yamashita, et Jin ne cessait de l'en remercier. Il ne se tut que lorsqu'ils passèrent devant la Jimusho. Il était heureux de sa carrière aux États-Unis, mais ses amis lui manquaient énormément. Il était triste de ne plus pouvoir les croiser tous les jours, de devoir calculer l'heure nippone à chaque fois qu'il voulait les appeler.

Après une bonne nuit de sommeil, arriva le 7 juillet. Le Tanabata. La seule nuit de l'année où Orihime et Hiko-boshi, les deux amants malheureux, pouvaient se retrouver. Comme il le faisait depuis son enfance, le premier réflexe de Jin à son réveil fut d'observer le ciel, s'assurant qu'il fasse assez beau pour que le couple puisse se retrouver. Par bonheur, un soleil chaud brillait déjà au zénith du ciel tokyoïte, présageant d'une soirée claire et sans nuages - parfaite pour le Tanabata.

Souriant, il enfila le yukata que Pi avait dû glisser dans sa chambre la veille au soir - ou plus probablement tôt le matin, quand ils s'étaient couchés. Il avait pris tant de choses inutiles, mais il avait totalement oublié la fête des amants. Il retint un soupir d'aise en sentant le doux coton du vêtement. Il n'en avait plus porté depuis un an, mais cela lui paraissait être un siècle !

Il dîna rapidement avec son meilleur ami, profitant du calme relatif de l'appartement avant qu'ils ne descendent dans les rues.

Jin fut soudain submergé par une foule riante et joyeuse, essentiellement familiale. Il trouvait adorable ces petits gamins qui courraient le long des rues, tout fiers d'expliquer à leurs parents ce qu'ils avaient compris de cette fête. L'atmosphère était euphorique, et le jeune homme se laissait porter, tout sourire. Il ne craignait même plus de rencontrer une groupie. Il se sentait trop bien pour ressentir de l'inquiétude.

Suivant Pi, ils arrivèrent bientôt à l'abri de cerisiers depuis longtemps en fleurs, et il reconnut bientôt ses anciens collègues dans le groupe de garçons devant eux. Les membres de son groupe, leurs nombreux amis à Pi et lui. Mais surtout, lui tournant le dos, celui qu'il avait quitté depuis de longs mois.

Ryo s'approcha alors d'eux, le gratifiant d'une légère tape dans le dos.

« Projet X-37 commencé ! Pi a finalement réussi à te faire venir ? »
« Il ne m'avait rien dit. »

Jin avait murmuré sa réponse, mais son ami, habitué de ses grognements, l'avait très bien compris. Il lui adresse un sourire contrit et l'entraîna par le bras vers le groupe des KAT-TUN. Ce qui fit sourire Akanishi, ravi de rejoindre ses cinq amis en pleine forme. Retrouver Kazuya et son sourire perpétuel, Junno et son humour particulier, Tatsuya et sa nouvelle coupe de cheveux, Yuichi en train de lire une lettre de fan, Koki et ses vêtements customisés.

Les six garçons se tombèrent dans les bras, plus qu'heureux d'enfin pouvoir se voir. Chacun commença une phrase en même temps, ayant peur d'oublier tout ce qu'ils avaient à se dire, voulant être le premier à parler. Comme des enfants le jour de la rentrée scolaire, ils voulaient raconter leurs fabuleuses vacances en oubliant celles des autres.

Loin de Jin, cependant, veillait celui que le jeune homme voulait à tout prix évité. Assis au pied d'un cerisier, il regardait le jeune expatrié, admirant son sourire si simple et son beau visage, totalement absorbé par cet homme qu'il aimait. Malgré l'amour qui transparaissait dans ses yeux, son visage paraissait cependant accablé.

Le garçon releva brusquement la tête quand des jambes vinrent se positionnés entre lui et Akanishi. Il croisa alors le regard de Yamashita, qui semblait plutôt content des événements qu'il venait de provoquer.

« Tu sais, Aiba-kun, il ne serait pas venu s'il avait su que tu y serais. Il ne voulait pas te blesser plus... »
« Plus qu'il ne l'a déjà fait ? Trop tard, tu ne penses pas ? » La voix était tranchante, mais lasse. Désabusée avant l'heure.

Yamashita secoua la tête et s'adossa à l'arbre symbolique de leur pays. Il souriait maintenant ouvertement.

« Tu ne le connais pas aussi bien que moi. Je sais ce qu'il pense. Je sais ce qu'il ressent. »

Pi le quitta sur ces paroles énigmatiques, s'empressant d'aller séparer les Tegomass, qui se disputaient dans une bataille d'eau amicale tout en prenant soin de mouiller à grands jets tous les collègues qui les entouraient.

Quittant des yeux le leader charismatique des NewS, Masaki chercha Jin des yeux. Il ne le trouva ni à côté des KAT-TUN – qui s'étaient, entre temps, dispersés -, ni dans les petits groupes qui se formaient autour des arbres. Alors qu'il commençait à prendre peur, une main chaude s'appuya délicatement sur son épaule.

L'Arashi se releva d'un bond, et ses yeux plongèrent immédiatement dans ce regard brun pailleté qu'il connaissait si bien. Pour le moment, il n'y voyait qu'un peu de tristesse, mais il l'avait vu plein d'espoir, joueur, heureux. Amoureux.

« Bonjour Jin » le salua-t-il.
« Je suis désolé Masaki. Vraiment. Je ne voulais pas ça et... »

Aiba l'avait coupé en posant son index sur les lèvres roses et pleines de son interlocuteur. La meilleure technique qu'il avait trouvé pour faire taire Jin. Doucement, il rapprocha leurs visages, se demandant s'il pouvait aller plus loin – s'il avait encore le droit d'aller plus loin.

Ce fut le cadet qui finit le mouvement, retrouvant avec plaisir les lèvres sucrées qui lui avaient tant manquées. Lentement, ils se rapprochèrent jusqu'à ce que leurs corps se collent et ne fassent plus qu'un. Cela faisait trop longtemps depuis leur dernière étreinte. Ils s'enlaçaient comme si le monde s'était arrêté de tourner. Enfin, ils se détachèrent, respirant l'air chaud de début juillet empli de l'odeur de l'autre.

Ils se souriaient, toujours aussi oublieux du monde alentour. Après tous ces mois et ces kilomètres qui s'étaient immiscés entre eux, leurs retrouvailles étaient comme du miel lorsqu'on a mal à la gorge : douces et agréables, presque thérapeutiques.

Ils se séparèrent brusquement en entendant les graviers crisser. Ils virent un groupe de jeunes gens passer sans leur prêter attention, tout à leur discussion. L'une des filles tenait une barbe à papa d'un joli rose pastel, et elle s'ingéniait à essayer de la manger sans pour autant s'en coller partout. Le spectacle faisait sourire Aiba, mais Jin était plus qu'intéressé par la sucrerie.

« J'y goûterais bien... »

Masaki sourit puis tira son petit ami par le bras. Ce dernier se laissa faire, bien qu'il soit surpris. Généralement, Aiba était plutôt du genre timide, et il ne prenait pas l'initiative. Bientôt, ils arrivèrent devant les stands qui avaient éclos à travers le parc et Jin se retrouva avec une barbe à papa énorme entre les mains. Il sourit comme un enfant, ravi de tout ce sucre qu'il allait pouvoir manger. Masaki sourit à son tour, trouvant, comme souvent, que son Jin était resté un gamin.

Piochant dans le nuage rose, ils retournèrent s'installer parmi le groupe de Johnny's, et se fondirent dans le noir pour éviter les remarques attentionnées mais néanmoins moqueuses de leurs amis.

Lorsque les premiers feux d'artifice éclatèrent dans le ciel désormais crépusculaire de Tokyo, Jin se colla contre Aiba et murmura à son oreille : « C'est quand même mieux avec toi, le spectacles pyrotechniques. » Pour toute réponse, l'Arashi le serra plus fort entre ses bras et déposa un léger baiser sur ses cheveux, pendant que les explosions continuaient au dessus d'eux, teintant le parc de lueurs colorées.
Ils finirent par se désintéresser du spectacle, bien plus captivés par leurs lèvres se rencontrant. Une fois, deux fois, Aiba déposa légèrement sa bouche sur celle de ses compagnons. Alors qu'il allait le faire une troisième fois, la voix de Massu les interrompit.

« Tu vois, je t'avais dit, Tesshi, que c'était jamais deux sans trois ! »

Leurs mains se serrèrent compulsivement alors qu'ils se tournaient vers les deux jeunes hommes. A part leurs meilleurs amis, les deux jeunes hommes n'avaient parlé de leur relation à personne, et Tegoshi Yuya était réputé pour être une pipelette sans pareil. Sil savait... Toute la Jimusho serait au courant en quelques instants.

Mais les deux garçons étaient installés en tailleur, face à face, plongés dans une partie de scrabble dans laquelle, effectivement, les mots "deux" et "trois" apparaissaient. Masaki soupira de soulagement pendant qu'un sourire amusé se dessinait sur les lèvres d'Akanishi.

Laissant leurs autres camarades pris dans le Tanabata Matsuri – ils apercevaient au loin les JUMP visités les différents stands de décoration tandis que la plupart des autres garçons avaient les yeux levés au ciel vers les lumières multicolores qui étaient en train d'y éclore -, ils s'échappèrent rapidement vers l'appartement du plus âgé, main dans la main dans la nuit noire.

Tout à leur bonheur, les deux jeunes hommes voulaient profiter des longues heures qu'il restait à Jin avant de devoir repartir. Parce qu'ils s'aimaient trop pour que les kilomètres les séparent.

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